continence

Évaluation à long terme des cystostomies continentes de type Mitrofanoff chez l’adulte : résultats à 5 ans

31 mars 2019


Objectif

Évaluer à long terme dans une population adulte, la continence, les reprises chirurgicales et la satisfaction des patients porteurs d’une dérivation urinaire cutanée continente fonctionnelle de type Mitrofanoff.


Matériel et méthodes

Étude rétrospective de revue des dossiers menée de 1997 à 2015. Les données pré-, per- et postopératoire ont été colligées. Tous les patients ont été contactés au terme de l’étude, un questionnaire leur a été soumis.


Résultats

Soixante-sept patients ont été opérés d’une cystostomie continente de type Mitrofanoff. Quarante-cinq patients répondaient aux critères d’inclusions suivants : âge du patient supérieur à 18 ans, pas d’antécédent de dérivation urinaire cutanée antérieure, suivi supérieur à 6 mois. La cohorte était composée majoritairement par des patients porteurs de vessies neurologiques (84 %) représentés par des blessés médullaires (54 %) et des patients spina-bifida (15 %). L’âge médian était de 35 ans [22–49]. Le suivi médian était de 64 mois [39–90]. Le montage chirurgical utilisait un conduit appendiculaire chez 30 patients (67 %) et un conduit iléal remodelé chez 15 patients (33 %). Au terme du suivi 88 % des patients ont une continence urinaire stomiale totale, 89 % ont une continence urétrale. Vingt-neuf patients ont nécessité une (41 %) ou plusieurs ré-interventions. Les indications des 58 reprises chirurgicales étaient les suivantes : sténose de l’orifice stomial (31 %), fuites urinaires urétrales (29 %), fuites urinaires stomiales (15 %), lithiases (9 %). Ces complications étaient majoritairement traitées par abord local (31 %) ou abord endoscopique (35 %). Aucune différence statistiquement significative en matière de complications chirurgicales immédiates ou tardives (p =0,93) n’a été mise en évidence entre les deux types montages ; trans-appendiculaire et conduit iléal remodelé. Quatre-vingt-quatorze pour cent des patients décrivaient un confort urinaire satisfaisant. L’orifice stomial était jugé esthétique par 71 %, sa réalisation a permis une amélioration de la qualité de vie pour 89 % d’entre eux.


Conclusion

La dérivation urinaire cutanée selon Mitrofanoff reste une alternative chirurgicale fiable sur le long terme, mais nécessitant des interventions itératives pour maintenir un conduit fonctionnel continent et cathétérisable. En dépit du nombre de ré-interventions les patients restent satisfaits de ce mode mictionnel.


Niveau de preuve

4.

Étude comparative du résultat de la cure des fistules vésico-vaginales avec et sans interposition du lambeau de Martius : une expérience camerounaise

31 janvier 2019


Introduction

Cette étude visait à rechercher si la greffe de Martius a un effet sur la guérison de la fistule génito-urinaire après un traitement chirurgical.


Patients et méthodes

Il s’agissait d’une étude comparative rétrospective portant sur tous les cas de fistules génito-urinaires ayant bénéficié d’une chirurgie curative dans deux hôpitaux camerounais. Les patientes ont toutes été opérées entre janvier 2005 et juillet 2011 dans les services de gynécologie de l’hôpital régional de Maroua et du CHU de Yaoundé par un chirurgien bien entraîné à cette technique. Les caractéristiques du groupe des fistules opérées sans greffe de Martius ont été comparées avec celles des fistules opérées avec greffe de Martius.


Résultats

Parmi les 81 fistules génito-urinaires opérées, 28 (34,6 %) avaient subi la greffe de Martius. Selon les caractéristiques des fistules obstétricales, les deux groupes (celui des patientes ayant eu une cure avec, et celui des patientes ayant eu une cure sans interposition de la greffe de Martius) étaient comparables : il n’y avait pas de différence dans la proportion des bords rigides (89,3 % vs 73,6 %, p =0,0989), dans la proportion des brides vaginales (78,6 % vs 60,4 %, p =0,0986), dans la proportion des localisations cervicales (42,9 % vs 28,3 %, p =0,3762), dans la proportion des fistules de taille supérieure à 2cm (64,3 % vs 39,6 %, p =0,0702), ni dans la proportion des fistules récidivantes (28,6 % vs 41,5 %, p =0,2523) entre les deux groupes. De la même manière, les deux groupes étaient comparables selon les résultats de la chirurgie : il n’y avait pas de différence dans le taux de fermeture globale (85,7 % vs 79,2 %, p =0,347), ni dans le taux de fermeture de la fistule avec continence des urines (60,7 % vs 67,9 %, p =0,260) entre les deux groupes. Le recours à la greffe de Martius n’avait pas d’effet sur la fermeture globale des fistules génito-urinaires dans notre série [OR : 1,57 ; IC à 95 % : 0,4–6,6 ; p =0,680].


Conclusion et interprétation

Dans cette étude rétrospective comparative, les résultats observés de la cure de fistule urinaire étaient similaires qu’une interposition de la greffe de Martius ait été réalisée ou non. Ces résultats méritent d’être confirmés par des études sur une population plus large.


Niveau de preuve

4.

Les patients ne portant pas de protection après prostatectomie radicale sont-ils vraiment continents ?

31 janvier 2019


Objectif

Analyse de la continence urinaire et de la qualité de vie des patients ne portant pas de protection après prostatectomie radicale robot-assistée (PRRA).


Méthode

Deux cent seize patients consécutifs opérés d’une PRRA entre janvier 2009 et juin 2011, ont été évalués par l’auto-questionnaire ICS (International Continence Society) Male Questionnaire. Le questionnaire a été adressé et renvoyé par voie postale avec 14 mois de recul minimum postopératoires. Il comprenait un score « symptôme » ICS 1 et un score « qualité de vie » ICS 2.


Résultats

Sur 216 questionnaires envoyés, 145 (67 %) ont été reçus. Le sous-groupe de 121 patients ayant répondu ne porter aucune protection a été analysé. Cinquante-trois (43,8 %) des répondeurs ont rapporté n’avoir aucune fuite en toussant ou éternuant, 65 (53,7 %) ont rapporté n’avoir aucune fuite d’urine spontanée, et 102 (84,3 %) ont rapporté n’avoir aucune fuite en dormant. Les scores ICS 1 et ICS 2 étaient fortement corrélés (coefficient de corrélation de Pearson : 0,96).


Conclusion

Au sein d’un groupe de patients ne portant pas de protection urinaire après PRRA, la continence urinaire évaluée par auto-questionnaires restait altérée. Cette observation doit permettre d’affiner l’information donnée aux patients ayant choisi un traitement chirurgical de leur cancer.


Niveau de preuve

4.

La chirurgie du cancer de la prostate : principes techniques et complications péri-opératoires

24 janvier 2019

Objectif : Décrire la prise en charge chirurgicale du cancer de la prostate localisé par la prostatectomie totale.
Matériel et méthode : Recherche bibliographique à partir de la base de données Medline (National Library of Medicine, outil PubMed) sélectionnée selon la pertinence scientifique. La recherche par mots-clés a été centrée sur l’historique de la prostatectomie totale, l’anatomie chirurgicale de la prostate, les différentes techniques de la prostatectomie totale, du curage ganglionnaire et les complications de cette chirurgie.
Résultats : En 30 ans, la prostatectomie totale a connu une évolution importante, passant des techniques par voie ouverte aux techniques mini-invasives avec ou sans assistance robotique. La connaissance anatomique de la prostate a permis de mieux définir les structures anatomiques, en particulier le sphincter urinaire et les fascias périprostatiques et développer les techniques de préservation nerveuse afin d’améliorer les résultats fonctionnels. Les complications sont maintenant connues et leurs prises en charge mieux précisées. Plus qu’une intervention voie d’abord-dépendante, la prostatectomie totale est avant tout une intervention dont les résultats dépendent du chirurgien et de sa réflexion en fonction des caractéristiques de la tumeur et des résultats fonctionnels.
Conclusion : La prostatectomie totale est une intervention complexe où le risque carcinologique est mis en balance avec les résultats fonctionnels. Les complications de cette chirurgie sont faibles. L’amélioration des résultats passe par une bonne adéquation de la technique utilisée en fonction du statut carcinologique et fonctionnel du patient.

Avantages fonctionnels de la prostatectomie totale laparoscopique

19 décembre 2018


Cet article est particulièrement intéressant et à plus d’un titre.
Tout d’abord, c’est la première étude réalisée simultanément dans un même centre et qui compare deux techniques opératoires rigoureusement similaires, comportant la même dissection rétrograde commençant par l’apex et conduites parallèlement, l’une par voie chirurgicale classique à ciel ouvert, éprouvée depuis de nombreuses années et l’autre, plus récente et innovante, par voie laparoscopique extrapéritonéale et rétrograde.

La néovessie iléale en W : résultats fonctionnels et qualité de vie à long terme

19 décembre 2018


But

Évaluer les résultats fonctionnels de la néovessie iléale en W selon Hautmann et la qualité de vie des patients, plus de dix ans après l’intervention.


Patients et méthodes

Entre 1994 et 2004, 87 patients ont subi une cystoprostatectomie pour cancer de vessie avec remplacement iléal orthotopique en W dans le service. Parmi eux, 31 patients (35,6 %) ont été évalués. Le recul moyen était de 158 mois, l’âge moyen de 72ans. Une évaluation des résultats fonctionnels (recours aux protections, score USP, débitmétrie, mesure du résidu postmictionnel), de la qualité de vie globale des patients (score SF-36) et du retentissement des troubles mictionnels sur leur qualité de vie (échelle Ditrovie) a été réalisée.


Résultats

La continence diurne était satisfaisante chez 29 patients (96,8 %). La continence nocturne était satisfaisante chez 27 patients (87,1 %). Les scores moyens d’incontinence diurne, d’hyperactivité et de dysurie du questionnaire USP étaient respectivement de 1,5/9 ; 3,2/21 et 2/9. Le débit maximum était en moyenne de 18mL/s pour un volume mictionnel moyen de 324mL et un résidu postmictionnel médian de 70mL. Les 8 dimensions du SF-36 étaient comparables aux valeurs de la population française. Selon l’échelle Ditrovie, dont la valeur moyenne était de 1,83, la qualité de vie était inchangée ou peu modifiée par les troubles urinaires chez 28 (90,3 %) des patients.


Conclusion

Nos résultats suggèrent que le statut mictionnel et la qualité de vie des patients avec néovessie iléale orthotopique restent satisfaisants à long terme.


Niveau de preuve

5.