impuissance

Sexualité, fertilité et grossesse après transplantation rénale

19 décembre 2018

Objectif

Décrire les troubles de la fonction sexuelle et de la fertilité, liés à la maladie rénale chronique et leur évolution après transplantation rénale.

Matériel et méthodes

Une recherche bibliographique exhaustive à partir de Medline (www.ncbi.nlm.nih.gov/) et Embase (www.embase.com/) a été réalisée en utilisant les mots clés (MeSH) suivants seuls ou en combinaison : « dysfonction érectile ; impuissance ; sexualité ; grossesse ; fertilité ; transplantation rénale ». Les articles obtenus ont ensuite été sélectionnés sur leur méthodologie, leur langue de publication (anglais/français), leur pertinence par rapport au sujet traité et leur date de publication. Seules des études prospectives et rétrospectives en anglais et en français, articles de revue, de méta-analyse ou de recommandations ont été sélectionnées (706 articles). Après sélection en fonction du titre et du résumé, 76 articles ont été analysés et inclus.

Résultats

La prévalence de dysfonction érectile est importante chez les patients insuffisants rénaux chroniques. Les étiologies de cette dysfonction érectile sont multiples et son origine est souvent multifactorielle. La transplantation rénale permet généralement une amélioration de la sexualité et la prise en charge de la dysfonction érectile chez l’homme transplanté rénal est identique à la population générale. L’amélioration de la sexualité chez l’homme comme chez la femme après transplantation rénale peut aboutir à une grossesse qui peut être menée à bien chez la femme transplantée rénale sous réserve d’une transplantation datant d’au moins un an, d’absence de facteurs de risque (hypertension artérielle mal contrôlée, d’altération de la fonction rénale du greffon). L’adaptation de l’immunosuppression peut être nécessaire pour éviter tous risque de tératogénicité chez le fœtus.

Conclusions

La transplantation rénale permet une amélioration de la sexualité et de la fertilité chez les patient(e)s insuffisant(e)s rénaux.

Prévalence et sévérité de la dysfonction érectile dans une population d'insuffisants coronariens : étude monocentrique

19 décembre 2018


But

Étudier la prévalence et la sévérité de la dysfonction érectile (DE) dans une population de patients pris en charge en urgence pour une coronaropathie avérée.


Matériel

Les dossiers de 200 patients ayant eu une coronarographie pour syndrome coronarien aigu avant le 1er janvier 2007 ont été revus rétrospectivement. Les données épidémiologiques et le détail des lésions coronaires ont été relevés. Ont été exclus les patients de plus de 65 ans, en cas d’antécédents de chirurgie ou d’irradiation prostatique. Le questionnaire international index of erectile function (IIEF-5) a été adressé par courrier. Les patients ont été classés en quatre groupes en fonction de leur DE : « pas de DE » entre 21 et 25 inclus, « DE légère » inférieure à 21, « DE modérée » inférieure à 17 et « DE sévère » inférieure à dix.


Résultats

Au total, 78 patients ont été inclus dont l’âge médian était de 58 ans. La prévalence de la DE était de 0,82 et la durée médiane d’évolution de la DE avant le syndrome coronarien était de neuf mois. Quarante-neuf patients (62,8 %) avaient une DE modérée à sévère. La DE était associée avec le groupe des patients fumant plus de dix paquets-années (P/A) (n =44 ; p =0,01) et avec le groupe des patients de plus de 60 ans (n =38 ; p =0,02). Il existait une association entre l’atteinte coronarienne sévère et une DE modérée à sévère (p =0,03).


Conclusion

Notre étude confirme l’existence d’un lien épidémiologique fort entre la DE et la dysfonction coronarienne, notamment chez les sujets de moins de 65 ans. Il semble, par ailleurs, que la sévérité de la DE soit en relation avec la sévérité « anatomique » de l’atteinte coronarienne.

Implants péniens hydrauliques : résultats, complications et facteurs pronostiques

19 décembre 2018


Objectifs

Identifier les principaux facteurs pronostiques influençant les résultats immédiats et à long terme de la pose d’implants péniens hydrauliques.


Patients et méthodes

Entre février 1999 et décembre 2007, 118 prothèses péniennes hydrauliques ont été implantées, par le même opérateur, chez 96 patients, d’âge moyen 54,4 ans. Un tiers des patients implantés avaient des antécédents de chirurgie de la verge. Trois types de prothèses ont été utilisés : TITAN ⍺1 (n =32), EXCEL (n =6) et TITAN RESIST (n =80).


Résultats

Le suivi médian a été de 25 mois (6–114). Un patient drépanocytaire est décédé d’une embolie pulmonaire massive. Sept patients (7,3 %) ont eu un hématome scrotal postopératoire. Onze patients (11,5 %) ont eu une infection postopératoire. Quatorze patients (14,6 %) ont eu une migration de matériel prothétique. Seize patients (16,7 %) ont eu une révision pour complications mécaniques, après un délai moyen de 21 mois. Le taux de complications postopératoires était significativement accru en cas de reprise (p =0,049) ou de geste chirurgical associé (p =0,0095). Le taux de migration était significativement plus important chez les patients opérés pour dysfonction érectile postpriapisme (p =0,00035). Le risque de dysfonctions mécaniques était significativement accru en cas de maladie de Lapeyronie. Au terme du suivi, 85 % des patients (et 91 % des primo-implantés) avaient une prothèse fonctionnelle.


Conclusion

Les résultats fonctionnels à long terme des implants péniens sont satisfaisants mais les complications postopératoires restent fréquentes, notamment en cas de reprise chirurgicale, de geste associé, de maladie de Lapeyronie ou d’implantation postpriapisme.

Efficacité de la rééducation du plancher pelvien dans la dysfonction érectile : revue de la littérature

19 décembre 2018


But

Le plancher pelvien est aujourd’hui bien connu et son rôle dans le mécanisme l’érection est démontré. Nous avons voulu savoir quelles sont les preuves de l’efficacité de la rééducation du périnée dans la dysfonction érectile.


Matériel

Une recherche en anglais a été menée dans les bases de données PubMed, Medline, Pedro et dans Google scholar avec les mots clefs « pelvic floor, érectile dysfunction, impotence, physiotherapy, exercices, rehabilitation, PFMT  ». Nous avons retenu les essais cliniques randomisés publiés dans des revues indexées.


Résultats

Six études randomisées ont été retenues. Cinq d’entre elles ont montré une efficacité statistiquement et cliniquement significative dans des populations d’hommes ayant des troubles de l’érection et des pathologies sous-jacentes variées. Dans le 5e essai, la différence d’efficacité n’a pas été statistiquement significative. L’étude la mieux conduite a démontré, à 3 mois, une amélioration moyenne de 7 points à l’IIEF-5 par rapport au groupe témoin (valeur de p  : 0,004). La rééducation n’a pas entraîné d’effet secondaire délétère. Toutefois, ces études ont porté sur des populations hétérogènes et les protocoles de rééducation par renforcement des muscles du plancher pelvien étaient différents d’une étude à l’autre, ce qui ne permet pas de formuler de recommandation précise pour la pratique clinique.


Conclusion

Au vu des résultats de cette revue de littérature, la kinésithérapie périnéale pourrait avoir sa place dans la prise en charge des troubles de l’érection.

Les traitements pharmacologiques de l'insuffisance érectile

17 décembre 2018

L'insuffisance érectile est une dysfonction fréquente qui concerne vraisemblablement 10 à 20% des hommes adultes en France. La prévalence de l'insuffisance érectile augmente beaucoup avec l'âge, « l'âge seuil » étant sans doute situé entre 50 et 60 ans. L'étiologie est multifactorielle dans l'immense majorité des cas (1).
Contrairement à nombre d'autres altérations fonctionnelles liées à l'âge, l'insuffisance érectile n'est pas obligatoirement perçue comme une souffrance. L'importance des aspects contextuels et psycho-sociaux de l'insuffisance érectile tant dans sa survenue que dans la souffrance dont elle peut être responsable représente une particularité notable de cette pathologie.
La récente mise sur le marché en octobre 1998 du citrate de sildénafil (Viagra) et du chlorhydrate d'apomorphine (Uprima, Ixense) en juin 2001 a bouleversé la prise en charge thérapeutique de l'insuffisance érectile (2). Jusqu'alors, l'absence de traitement oral avait eu pour effet de réserver cette prise en charge à un petit groupe de spécialistes, urologues pour la plupart. La mise à disposition de traitements oraux, efficaces lors d'une prise à la demande, a eu pour conséquence une médicalisation élargie de l'insuffisance érectile (3). Les traitements pharmacologiques locaux conservent cependant une place essentiellement en cas d'échec des précédents et parfois pour préférence personnelle. Il faut par ailleurs garder à l'esprit que les traitements proposés aujourd'hui demeurent symptomatiques.
L'ensemble de la communauté médicale, avec au premier rang les médecins généralistes, a ainsi été sollicitée du fait des progrès thérapeutiques souvent à la demande des patients. La sexualité humaine a dès lors fait irruption dans la pratique médicale courante (4). Le rôle déterminant des médias dans cette évolution mérite d'être souligné.

Traitement de la dysfonction érectile : le Passé, le Présent et le futur

17 décembre 2018

Techniques chirurgicales diverses, implants péniens, pompe à vide, injections intracaverneuses... les tentatives plus ou moins invasives ont été nombreuses avant de parvenir au traitement moderne et efficace par voie orale de la dysfonction érectile. Il est vrai que l'attente des patients permettait toutes les audaces.

Tadalafil : une pharmacologie unique

17 décembre 2018

La pharmacologie des inhibiteurs des phosphodiestérases, et en particulier celle du tadalafil, inhibiteur de la phosphodiestérase E5, est tout à fait passionnante, majeure également car depuis la découverte de Furchgott [1], nous connaissons l'importance des effets physiologiques de l'oxyde nitrique (NO) sur l'endothélium.

Le développement des inhibiteurs de la phosphodiestérase E5 (PDE5) dans le traitement de la dysfonction érectile met en valeur toute la polyvalence du rôle du NO.