dysérection

Analyse clinique et neurophysiologique des troubles de la sensibilité pénienne. Étude prospective de 44 cas

19 décembre 2018


But

Préciser les caractéristiques cliniques, les mécanismes et l’étiologie des troubles sensitifs péniens.


Méthode

Quarante quatre patients consultant pour des troubles sensitifs de la verge ont été prospectivement explorés. Étaient réalisés : un examen clinique neurologique et périnéal, une exploration électrophysiologique périnéale comportant un électromyogramme des muscles bulbocaverneux, une étude du réflexe sacré, un enregistrement des potentiels évoqués corticaux du nerf pudendal, une mesure de la vitesse de conduction sensitive du nerf dorsal de la verge et un enregistrement des latences terminales du nerf pudendal par stimulation endorectale.


Résultats

Les troubles sensitifs péniens à type d’anesthésie (six cas, 13 %), d’hypoesthésie (34 cas, 77 %) et de paresthésies (quatre cas, 9 %) étaient accompagnés 19 fois (43 %) d’une dysérection s’associant à une hypoorgasmie (sept cas, 16 %), à une sensation de gland froid (quatre cas, 9 %) et d’une perte du repérage spatial du gland pendant le rapport sexuel (trois cas, 7 %). Une altération des explorations électriques a été notée 17 fois (38 %), avec toujours une perturbation d’au moins une des techniques explorant le versant sensitif (vitesse du nerf dorsal de la verge, potentiel cortical, latence distale sensitive). Vingt-sept fois (62 %) les tests électrophysiologiques étaient normaux. Pour les 17 (38 %) patients, la cause des troubles sensitifs a pu être déterminée : cinq compressions du nerf au cours d’une intervention orthopédique, neuf étirements après trajet inhabituel en vélo, deux maladies de La Peyronie et un diabète.


Conclusion

Dans cette série, nous avons observé une prévalence de troubles sensitifs péniens neuropathiques de l’ordre de 40 %.

Évaluation du traitement des dysfonctions érectiles et éjaculatoires dans une série de 90 blessés médullaires

19 décembre 2018


But

Évaluation des dysfonctions érectiles et éjaculatoires des blessés du cône médullaire (BCM) et évaluation de l’efficacité de la prise en charge thérapeutique.


Patients

Notre étude est rétrospective et monocentrique portant sur une cohorte de 90 BCM stabilisés. Tous les patients ont un examen clinique avec bilan neurologique du périnée, une évaluation des dysfonctions érectiles et éjaculatoires par l’International Index of Erectile Function (IIEF-15) ainsi qu’une mise en situation. Nous avons évalué l’érection par une échelle de cotation clinique de Schrameck. Soixante-dix-sept sur 90 (85,55 %) ont eu des tests thérapeutiques pour rétablir l’érection : prostaglandines (PGE1), inhibiteurs des phosphodiestérases de type 5 (IPDE5) et papavérine. Soixante-quatorze sur 90 (82,22 %) ont essayé le vibromassage pénien (VM) plus ou moins associé à la Midodrine® (alpha mimétique) pour provoquer une éjaculation avec une recherche systématique des spermatozoïdes dans les urines. Les données ont été saisies et analysés au moyen du logiciel Microsoft office Excel.


Résultats

Quatre-vingt-dix patients présentant une lésion complète motrice des myélomères S2-S3-S4 ont été inclus. Ils ont été répondeurs aux PGE1, IPDE5 respectivement à 81,63 % et 30,76 %. L’association VM/Midodrine® améliore l’éjaculation dans 52,63 % des cas. Les différents traitements donnés n’ont pas permis de rétablir des sensations orgasmiques chez aucun des patients de cette série.


Conclusion

Dans cette série de patients BCM, nous avons observé une bonne efficacité des PGE1 et des IPDE 5 sur l’érection. Nous avons également observé des résultats favorables du vibromassage et des alpha-mimétiques pour obtenir l’éjaculation.


Niveau de preuve

4.

Valeur diagnostique de l'enregistrement des érections nocturnes.

17 décembre 2018

L'enregistrement de la tumescence et de la rigidité lors d'érections nocturnes est considéré comme l'examen de référence pour différencier l'origine psychogène ou organique d'une dysérection. Mais son intérêt diagnostique est discuté en l'absence de valeurs normales de rigidité. 170 patients consécutifs ont eu un tel enregistrement (Rigiscan(r), Dacomed USA). A l'exception des patients présentant une sclérose en plaques, une rigidité ? 60% correspond toujours à des patients présentant des troubles de l'érection qualifiés de psychogènes. 59% d'entre eux sont ainsi détectés (sensibilité 59%; spécificité 87%). En revanche, aucune conclusion ne peut être donnée d'un enregistrement nocturne pathologique (32% de psychogènes) et finalement compte tenu des étiologies de cette série, 29% des patients tirent bénéfice d'un tel examen.

L'impuissance dans le cadre des fractures du bassin. A propos de 16 observations

17 décembre 2018

A propos d'une série rétrospective de 16 observations, les auteurs étudient l'impuissance secondaire à une fracture du bassin. Tous ces patients avaient une lésion de l'urèthre membraneux et sept de ces patients ont eu une réparation uréthrale en urgence différée. Même si la constance de la lésion uréthrale tient sans doute au fait qu'il s'agit du recrutement d'un Service d'Urologie, il est classique de dire que l'impuissance est nettement plus fréquente quand il y a une lésion uréthrale que lorsqu'il n'y en a pas. Deux malades ont eu une impuissance incomplète et quatorze une impuissance complète. Dix de ces seize patients ont retrouvé spontanément des érections satisfaisantes. Quand celles-ci ne se produisent pas, les auteurs analysent les différentes possibilités thérapeutiques qui s'offrent à nous en insistant sur le facteur artériel qui, d'ordinaire, n'est peut-être pas suffisamment exploré.

Les tumeurs testiculaires à cellules de Leydig - A propos de 10 observations

17 décembre 2018

BUTS : Dégager les caractéristiques cliniques, biologiques et évolutives des tumeurs à cellules de Leydig de façon à définir une conduite à tenir générale.
MATÉRIEL ET MÉTHODES : Les dossiers de 10 patients opérés pour une tumeur du testicule à cellules de Leydig entre 1982 et 1996 ont été étudiés de manière rétrospective.
RÉSULTATS : Le mode de révélation était neuf fois sur dix en rapport avec une gynécomastie, une insuffisance érectile ou une infertilité. Dans tous les cas, la testostérone était normale ou basse et l'estradiol normal ou élevé. Huit patients ont bénéficié d'une orchidectomie, et deux d'une énucléation. L'évolution a été favorable 9 fois sur 10 sans autre traitement. Un seul des patients avait d'emblée une forme maligne qui a conduit au décès.
CONCLUSION : Bien que de nombreuses équipes préfèrent l'orchidectomie totale, en raison de la difficulté diagnostique avec les formes malignes, l'énucléation simple devrait pouvoir devenir le traitement de première intention, si elle est est suivie d'une étroite surveillance ultérieure, car elle permet de préserver au mieux la fertilité, et le pronostic de ces tumeurs est habituellement favorable.

La microchirurgie vasculaire dans le traitement de l'insuffisance érectile d'étiologie vasculaire : expérience clinique à propos de 115 interventions effectuées selon deux techniques chirurgicales différentes

17 décembre 2018

BUTS : Le traitement de l'insuffisance érectile vasculaire peut faire appel à la chirurgie en raison de la fréquente inefficacité des injections intra-caverneuses. La mise en place de prothèses péniennes est une solution définitive qui peut être évitée pour certains patients sélectionnés chez qui une chirurgie vasculaire peut être proposée. Toutefois, ce type de traitement reste controversé quant à ses modalités et à ses résultats. Nous avons donc évalué les résultats selon deux techniques distinctes.
MATÉRIEL ET MÉTHODES : Du 1er janvier 1985 au 31 décembre 1995, 114 patients ont été opérés, en raison d'une impuissance par incompétence veino-caverneuse pure dans 23 cas (20%) associée à une artériopathie dans 38 cas (46%) ou artérielle pure dans 39 cas (34%). L'âge moyen était de 47,5 ± 11 ans (extrêmes : 20 à 74). Ces patients étaient insuffisants érectiles depuis 3,3 ± 3 ans. Dans seulement 6 cas les tests d'érection pharmacologique avaient permis d'obtenir une érection rigide.Deux techniques ont été utilisées : le pontage termino-terminal entre l'artère épigastrique et l'artère dorsale de la verge (ADV), 44 cas, et l'artérialisation de la veine dorsale profonde de la verge (VDP), 71 cas.
RÉSULTATS : Les résultats globaux font état de 54 bons résultats (48%) définis par un retour à des érections normales permettant des rapports sexuels satisfaisants sans traitement complémentaire, 15 améliorations (14%) et 45 échecs (38%) avec un recul moyen de 18 mois (extrêmes : 3 à 120). Ces résultats sont équivalents en cas d'incompétence veino-caverneuse pure (65% de bons résultats) ou de pathologie artérielle associée (52% de bons résultats). Les résultats restent médiocres (31% de bons résultats) en cas de pathologie artérielle pure. Les résultats ne sont pas statistiquement influencés par l'âge ou par l1existence d'un diabète, d'un tabagisme ou d'une HTA. Dans les 3 types d'insuffisance érectile, artérielle, veino-caverneuse ou mixte, l'artérialisation de la VDP donne de meilleurs résultats que le pontage artério-artériel. Cependant cette différence n'est statistiquement significative que dans les incompétences veino-caverneuses pures. La morbidité de l'artérialisation de la VDP est marquée par un risque de syndrome d'hyperdébit de 21% (n=15) qui a imposé une reprise chirurgicale dans 77% des cas (n=11). Il est intéressant de noter que dans ce sous groupe 85% de bons résultats sur la fonction érectile ont été obtenus.
CONCLUSION : Les résultats obtenus dans cette série d'impuissance érectile d'origine vasculaire sont en faveur, quelle que soit l'étiologie de l'insuffisance érectile, d'une meilleure efficacité de l'artérialisation de la VDP par rapport au pontage artériel. Les mécanismes biologiques sous tendant ce meilleur résultat restent à préciser. Cette chirurgie devrait être de préférence réservée aux échecs des injections intra-caverneuses.

La dysérection chez le diabétique. Profil épidémiologique au Sénégal

17 décembre 2018

BUTS : L'objectif de ce travail était de rapporter le profil épidémiologique de la dysérection dans une population de diabétiques.
MATÉRIEL ET MÉTHODES : Il s'agit d'une étude prospective ayant inclu 431 diabétiques vus en consultation de contrôle. Parmi ces derniers, 69 souffraient d'une dysérection. Nous avons choisi un groupe témoin de 138 patients choisis au hasard selon l'âge parmi les 362 patients restants. Chaque patient a fait l'objet d'un examen clinique complet. Les antécédents médico-chirurgicaux notamment vasculaires, neurologiques, endocriniens, et urologiques ont été notés. Nous avons aussi relevé la notion d'intoxication alcoolo-tabagique et la prise de médicaments anti-diabétiques ou autres. L'analyse statistique s'est faite selon la méthode des cas-témoins. Le seuil de significativité a été fixé pour un p RÉSULTATS : La prévalence globale de la dysérection était de 16%. Ce taux est inférieur à ceux rapportés dans la littérature. Parmi les facteurs de risque, seules les complications du diabète notamment les complications neurologiques, étaient bien corrélées au risque de dysérection (p = 0,0004). De même, la prévalence de la dysérection augmentait avec la durée d'évolution du diabète ( p = 0,049).
CONCLUSION : La prévalence de la dysérection chez le diabétique semble souvent surestimée dans la littérature. Les biais méthodologiques expliqueraient la grande variation des taux rapportés. En revanche notre étude confirme d'autres auteurs qui pensent que les facteurs neurologiques jouent un rôle prépondérant.

Faut-il doser la prolactinémie dans le bilan d'une insuffisance érectile? A propos d'une série de 445 patients. Revue de la littérature.

17 décembre 2018

BUTS : Préciser l'intérêt du dosage de la prolactinémie dans le bilan d'une insuffisance érectile.
MATÉRIEL ET MÉTHODES : Le dosage de la prolactinémie (méthode radio-immunologique) a été réalisé chez 445 patients présentant une insuffisance érectile (âge moyen : 52,5 ans).
RÉSULTATS : 9 patients (2%) présentaient une hyperprolactinémie supérieure à 25 ng/ml dont 4 (0,9%) supérieure à 35 ng/ml. Parmi ces 9 patients 8 prenaient des médicaments hyperprolactinémiants. L'étiologie est restée imprécise chez 1 patient mais le scanner hypophysaire était normal. ANALYSE DE LA LITTÉRATURE : Dans la population des insuffisants érectiles, la prévalence de l'hyperprolactinémie supérieure à 20 ou 25 ng/ml est de 2,7%, supérieure à 35 ou 40 ng/ml de 1,3% et celle des tumeurs hypophysaires de 0,6%. Lors de tumeurs hypophysaires responsables d'hyperprolactinémie et d'insuffisance érectile 1°) la prolactinémie est supérieure à 30 ng/ml dans 90% des cas et supérieure à 50 ng/ml dans 83% des cas 2°) la testostéronémie totale est inférieure à 3 ng/ml dans 88% des cas et inférieure à 4 ng/ml dans 96% des cas 3°) la libido est émoussée dans 90% des cas.
CONCLUSION : La prévalence de l'hyperprolactinémie et des tumeurs hypophysaires dans la population des insuffisants érectiles est faible. Par ailleurs certains critères permettent de suspecter une hyperprolactinémie notamment quand elle est secondaire à une tumeur hypophysaire. En conséquence le dosage systématique de la prolactinémie n'est pas justifié. Ce dosage n'est réalisé que si la libido est émoussée, la testostéronémie totale abaissée ou si le patient présente des signes tels que céphalées, gynécomastie ou troubles visuels.