prostate

Incontinence urinaire après énucléation endoscopique de la prostate au laser Holmium : fréquence, évolution, et facteurs prédictifs de survenue

31 mars 2019


Objectif

Évaluer, en début d’expérience, la morbidité précoce et plus particulièrement l’incontinence urinaire après énucléation endoscopique de prostate au laser Holmium (HoLEP), en préciser la nature, l’évolution et rechercher des facteurs prédictifs de survenue.


Patients et méthode

Nous avons réalisé une étude observationnelle, analytique, rétrospective, monocentrique incluant tous les patients opérés d’une hypertrophie bénigne de prostate (HBP) par HoLEP entre novembre 2015 et janvier 2017. Les données ont été recueillies en pré-, per- et postopératoire. Le suivi était de 6 mois.


Résultats

Cent soixante et onze patients ont été inclus. 23 patients (14,6 %) ont eu une complication classée selon Clavien-Dindo [4] : 19 (83 %) Clavien 2, 1 (4 %) Clavien 3b et 3 (13 %) Clavien 4. À 1 mois postopératoire, 64 (42,7 %) patients présentaient une incontinence urinaire dont 55 (86,1 %) uniquement à l’effort. 18 (32,7 %) étaient incontinent urinaire à 6 mois. L’énergie délivrée en peropératoire ainsi que l’IIEF5 préopératoire étaient statiquement associés à la survenue d’une incontinence urinaire d’effort. Il n’a pas été mis en évidence de lien entre l’apprentissage et la survenue de l’incontinence.


Conclusion

Le taux important d’incontinence urinaire post HoLEP en début d’expérience implique une réflexion sur la technique utilisée ainsi que sur l’information délivrée aux patients en préopératoire.


Niveau de preuve

4.

Évolution de la fonction érectile après curiethérapie prostatique : étude prospective chez des patients ayant un score IIEF5 initial > 16

1 février 2019


Objectif

Évaluer prospectivement la fonction érectile (FE) à 1 et 2ans d’une curiethérapie prostatique (CuT) chez des patients ayant un score IIEF5 initial>16.


Méthodes

De 2007 à 2012, 179 patients ayant un adénocarcinome prostatique (CaP) localisé à faible risque ont eu une CuT exclusive à l’iode125. L’hormonothérapie (15,6 %) et la prise d’inhibiteur de la 5 phosphodiestérase (IPDE5) après CuT n’étaient pas des critères d’exclusion. La FE a été évaluée par un auto-questionnaire IIEF5 en préopératoire, à 12 et 24 mois. Seuls les patients ayant un score initial>16 ont été inclus.


Résultats

Sur les 179 patients, 102 (57 %) avaient un IIEF5>16 initialement. À 12 mois, 51,1 % conservaient un score>16 et 24,5 % avaient une dysfonction érectile (DE) légère à modérée de sorte que 75,6 % avaient un IIEF512. Environ 18 % avaient eu recours à des IPDE5. À 24 mois, 53,2 % avaient un IIEF5>16 et 80,6 % avaient un score12. Une DE sévère concernait seulement 14,5 %. L’IIEF5 moyen était de 16,2, soit une baisse d’environ 5 points en 2ans. Tous les patients traités par IPDE5 (27 %) pouvaient avoir des rapports sexuels. Le seul facteur prédictif indépendant en analyse multivariée était le score IIEF5 initial, 70 % des patients sans DE initialement (IIEF5>21) avaient un IIEF5>16 à 1 et 2ans.


Conclusion

Durant les 2 premières années, la DE sévère était relativement rare (14 %) et plus de la moitié des patients préservaient un IIEF5>16. La FE après CuT dépend essentiellement de la situation préimplantatoire.


Niveau de preuve

4.

Imagerie post-thérapeutique du cancer de la prostate

1 février 2019


Introduction

Plusieurs options thérapeutiques sont actuellement possibles pour le traitement du cancer de la prostate. L’IRM prostatique à une place importante pour la détection et le bilan d’extension du cancer de la prostate, mais également dans l’évaluation post-thérapeutique et la détection des récidives tumorales. L’imagerie nucléaire et en particulier le PET/TDM à la choline a également une place indispensable dans cette indication. Nous verrons dans cette revue qu’elle est la part de ces différentes techniques dans l’évaluation post-thérapeutique du cancer de la prostate.


Méthode

Une revue de la littérature récente a été réalisée, en utilisant la base de données PubMed/Medline, pour rechercher les publications en texte intégral publiées entre 2002 et septembre 2013, relatives à l’imagerie post-thérapeutique du cancer de la prostate. Les articles obtenus ont été sélectionnés sur leur méthodologie, la langue de publication anglaise ou française, la pertinence par rapport au sujet traité et leur date de publication.


Résultats

Pour les patients avec une suspicion clinique de récidive après traitement du cancer prostatique, l’objectif de l’imagerie est de distinguer les récidives purement locales des extensions métastatiques. L’IRM et le PET/TDM à la choline sont complémentaires dans cette indication. Dans cette revue, nous discutons des indications de l’imagerie, de la présentation des récidives locales en fonction des traitements initiales et de l’apport de PET/TDM dans la détection des extensions métastatiques.


Conclusion

L’IRM fonctionnelle est actuellement l’examen de référence pour l’évaluation des récidives locales que ce soit après prostatectomie, radiothérapie ou traitement focal. Le PET/TDM à la choline permet la détection des extensions métastatiques.

La pose d’implants intra-prostatiques UroLift ® est-elle une alternative chez les patients ayant une hyperplasie bénigne de la prostate ? Résultats initiaux et facteurs prédictifs d’échec

1 février 2019


Objectif

Rapporter les résultats de la pose d’implants intra-prostatiques UroLift® après 2ans d’expérience.


Patients et méthode

L’intervention a été proposée entre février 2012 et avril 2014 aux patients ayant une hyperplasie bénigne de la prostate symptomatique, en alternative à un traitement chirurgical ablatif classique. L’évaluation de la symptomatologie urinaire était basée sur l’auto-questionnaire IPSS, et la mesure du débit urinaire maximal (Qmax). L’évaluation de la fonction érectile et éjaculatoire était basée sur les auto-questionnaires IIEF5 et MSHQ-EjD.


Résultats

Vingt-trois patients ont été traités pendant cette période. L’âge médian était de 66ans [53–78]. Le volume prostatique médian était de 38mL [20–80]. En préopératoire, l’IPSS et l’IPSS-QDV médians étaient de 20 [9–29] et 5 [3–6]. Aucun effet indésirable grave n’a été observé en postopératoire. La durée médiane du suivi a été de 14 mois [5–31]. En fin de suivi, 19 (83 %) patients rapportaient une amélioration de leur symptômes urinaires sans aucun traitement. L’IPSS et l’IPSS-QDV étaient significativement améliorés (valeurs médianes de 11 [1–27] et 2 [0–6], p <0,0001), sans néanmoins d’augmentation significative du Qmax. Quatre patients ont dû avoir un traitement complémentaire dès la première année. Parmi eux, 3 avaient un volume prostatique>60mL. Aucun patient n’a rapporté d’éjaculation rétrograde, ni d’altération de sa fonction érectile.


Conclusions

La pose d’implants UroLift® a permis une amélioration des symptômes chez plus de 80 % des patients après un an de suivi. Un volume prostatique élevé semblerait un facteur potentiel d’échec.


Niveau de preuve

5.

Maladie thromboembolique veineuse et cancers urologiques : épidémiologie et prise en charge thérapeutique

31 janvier 2019


Introduction

Un cancer actif est un facteur de risque connu de maladie thromboembolique veineuse (MTEV). La survenue de MTEV est la seconde cause de décès en cancérologie. En onco-urologie, certains cancers sont associés à un risque accru de MTEV. Le but de ce travail était de proposer une mise au point sur l’épidémiologie et la prise en charge des MTEV en onco-urologie.


Matériels et méthodes

Une revue systématique de la base de données PubMed® via la méthode PRISMA a été effectuée à l’aide des mots clés suivants : « neoplasm  », « venous thromboembolism  », « prophylaxis  », « pulmonary embolism  », « urology  ». Les articles originaux ont été inclus en priorisant : méta-analyses, revues de la littérature, essais randomisés contrôlés et études de cohorte de bon niveau de preuve. Seules les publications en langue anglaise ou française ont été retenues.


Résultats

L’incidence des évènements thromboemboliques (ETE) était plus importante en cas de carcinome à cellule rénale (3,5 %/an). En cas de traitement chirurgical, la chirurgie la plus à risque d’ETE était la cystectomie (2,6 à 11,6 %). La chimiothérapie était à elle seule un facteur de risque important en augmentant le risque de survenue d’ETE par six. L’hormonothérapie augmentait également ce risque, par le biais de l’hypogonadisme induit. Le traitement curatif des MTEV liés cancer devait se faire via l’administration d’une héparine de bas poids moléculaire (HBPM). L’instauration d’un traitement prophylactique n’était pas systématique chez les patients diagnostiqués avec un cancer urologique.


Conclusion

La compréhension des différents mécanismes impliqués dans la survenue d’ETE chez ces patients a permis d’optimiser la prise en charge notamment des patients avec un cancer urologique. En effet, la fréquence des événements thromboemboliques est probablement sous-estimée par les urologues dans la pratique clinique.

Sexualité et cancer de la prostate

24 janvier 2019

Introduction : Tous les traitements du cancer de la prostate ont un impact négatif sur la sexualité. L’objectif de cette revue est de faire le point sur les évolutions récentes de prise en charge du cancer de la prostate et des troubles sexuels associés.
Matériel et méthodes : Nous avons réalisé une revu de la littérature sur la base de données Pubmed afin de sélectionner les articles pertinents.
Résultats : Il existe un profil spécifique de modification des domaines de la qualité de vie sexuelle, urinaire, intestinale et globale en fonction des modalités thérapeutiques choisies. Conserver une sexualité satisfaisante est une préoccupation importante pour une majorité d’hommes confrontés au diagnostic de cancer de la prostate et à ses traitements. Il est indispensable d’évaluer la sexualité du couple avant le traitement du cancer de la prostate afin de délivrer une information complète et d’envisager des solutions thérapeutiques précoces et adaptées à la demande du couple. Les résultats d’études randomisées montrent que la prostatectomie totale robot-assistée permet une récupération plus rapide et complète d’érections naturelles que la laparoscopie classique. La rééducation pharmacologique active (injections intracaverneuses ou inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5 [IPDE5] à la demande, dans les mois qui suivent l’intervention) ou passive (IPDE5 quotidiens après l’intervention) pourrait permettre d’améliorer la qualité des érections notamment en réponse à la prise d’IPDE5. Des formes de sexualité privilégiant les éléments non altérés de la sexualité (orgasme) peuvent, quand l’érection n’est pas encore récupérée, être une solution alternative permettant au couple de préserver intimité et complicité. Le blocage androgénique est un frein considérable au maintien ou au retour d’une sexualité satisfaisante.
Conclusion : Après le traitement d’un cancer de la prostate, une prise en charge spécifique pouvant recourir à un travail en réseau peut permettre chez des patients motivés de retrouver une sexualité satisfaisante.

Indications et limites actuelles des traitements ablatifs dans le cancer de la prostate

19 décembre 2018

Objectif

Établir un état des lieux des indications et des limites actuelles des traitements ablatifs in situ dans le cancer de la prostate localisé.

Matériels et méthodes

Une recherche bibliographique à partir de Medline (www.ncbi.nlm.nih.gov/) et Embase (www.embase.com/) a été réalisée et les articles ont été sélectionnés sur leur méthodologie, leur langue de publication (anglais/français) et leur pertinence. Après sélection, 107 articles ont été analysés.

Résultats

L’objectif de concilier la réduction des effets secondaires et le maintien d’une efficacité carcinologique a conduit au développement récent de traitements ablatifs, divers dans leurs principes et dans leurs indications. Malgré cette hétérogénéité, un certain nombre d’indications préférentielles apparaissent : cancer de prostate unilatéral de risque faible (mais avec volume tumoral significatif récusant donc l’indication de surveillance active) ou surtout de risque intermédiaire (actuellement sans grade 4 majoritaire, point toujours objet de discussion) ; traitement de la lésion principale (« index lésion »), en quadrant ou en hémi-ablation, s’appuyant sur les résultats des biopsies et de l’IRM multiparamétrique. À ces éléments s’ajoutent les limites liées aux spécificités des énergies employées, notamment en ce qui concerne le volume de la glande prostatique ou la localisation tumorale.

Conclusion

Les thérapies ablatives, appuyées sur l’imagerie (IRM ou techniques innovantes), les biopsies et le développement de nouvelles énergies, sont amenées à prendre une place importante dans la prise en charge du cancer de prostate localisé. Les multiples études internationales en cours permettront aux panels d’experts de préciser et d’optimiser le consensus sur les indications de ces traitements.

Modalités d’évaluation et résultats des traitements ablatifs dans le cancer de la prostate

19 décembre 2018

Objectif

Établir un état des lieux des modalités d’évaluation et des résultats actuels des traitements ablatifs in situ dans le cancer de la prostate localisé.

Matériels et méthodes

Une recherche bibliographique à partir de Medline (www.ncbi.nlm.nih.gov/) et Embase (www.embase.com/) a été réalisée et les articles ont été sélectionnés sur leur méthodologie, leur langue de publication (anglais/français) et leur pertinence. Après sélection, 102 articles ont été analysés.

Résultats

L’interprétation des résultats des traitements ablatifs est souvent difficile au regard de l’hétérogénéité des indications, des techniques et des modalités d’évaluation. Cependant, les séries les plus récentes et les plus homogènes rapportent des résultats encourageants, tant sur le plan carcinologique que fonctionnel. Sur le plan carcinologique, les biopsies post-thérapie ablative, qui représentent le critère essentiel, sont indemnes de cellules tumorales en zone traitée dans 75 à 95 % des cas. Parallèlement, le statut fonctionnel urinaire et sexuel préopératoire est préservé (ou retrouvé précocement) en postopératoire dans plus de 90 % des cas. Les différentes études mettent en évidence des résultats qui dépendent également du type d’énergie selon le volume prostatique et la localisation de l’« index lésion » ciblée.

Conclusion

L’évaluation histologique post-traitement par des biopsies de contrôle guidées par IRM (voire, dans le futur, par des techniques d’échographie innovantes) représente la clé de l’évaluation carcinologique des thérapies ablatives dans le cancer de prostate localisé. Les essais en cours permettront d’harmoniser les méthodes d’évaluation et de préciser les indications et les modalités techniques pour optimiser les résultats pour un patient donné.