incontinence urinaire

Intérêt de la stimulation transcrânienne dans les troubles pelvi-périnéaux

13 juin 2019


La stimulation transcrânienne magnétique ou électrique est une technique de neuromodulation non invasive largement utilisée pour établir des cartographies cérébrales afin de mettre en évidence des relations causales entre cerveau et fonction.


Objectif

Le but de cet article est de décrire les intérêts diagnostique et thérapeutique de l’utilisation de la stimulation transcrânienne dans les troubles pelvi-périnéaux.


Méthodes

Une revue de la littérature (base de données Medline) sans limite temporelle a été effectuée à partir des mots clés : « transcranial direct stimulation », « transcranial magnetic stimulation », « neurogenic bladder », « urinary incontinence », « Parkinson disease », « multiple sclerosis », « stroke », « muscle spasticity », « pelvic pain », « visceral pain ».


Résultats

Douze articles ont été retenus dont neuf étaient de niveau de preuve 2b et trois de niveau de preuve 4. La stimulation transcrânienne magnétique ou électrique a un intérêt diagnostique par l’analyse de l’excitabilité corticale afin de comprendre les mécanismes physiopathologiques et pathogéniques des troubles pelvi-périnéaux d’origine cérébrale. Concernant les effets thérapeutiques, la stimulation transcrânienne répétée a montré des effets significatifs pour le traitement de neurovessies centrales hyperactives dans le cadre de la maladie de Parkinson et de la sclérose en plaques, mais également pour le traitement de douleurs pelviennes chroniques résistantes au traitement usuel. Enfin, des effets thérapeutiques ont été démontrés sur les douleurs du syndrome de l’intestin irritable. Aucune preuve d’efficacité n’a été retrouvée dans les troubles génito-sexuels.


Conclusion

La stimulation transcrânienne est un traitement non invasif pouvant avoir une place dans la prise en charge des troubles pelvi-périnéaux. Son champ d’action prometteur nécessiterait la réalisation d’études prospectives à plus grande échelle.

Efficacité au long terme de la toxine botulique dans l’hyperactivité de vessie chez les patients atteints de sclérose en plaques

31 mars 2019


Introduction

L’objectif de cette étude était d’analyser l’efficacité et la tolérance de la TB sur le long terme dans la prise en charge de l’hyperactivité vésicale réfractaire aux anticholinergiques chez des patients atteint de SEP.


Matériel et méthode

il s'agit d'une étude de cohorte monocentrique rétrospective de l’ensemble des patients atteints de SEP ayant eu une injection TB pour une hyperactivité détrusorienne réfractaire aux anticholinergiques de 2005 à 2015. Le critère de jugement principal était l’efficacité clinique basée sur la fréquence des fuites urinaires et des infections urinaires symptomatiques.


Résultats

Cent dix-neuf patients ont reçu la première injection. Le suivi médian était de 26,5 mois. Après une injection, on retrouvait une diminution significative du nombre de fuites, avec 69,7 % de patients sans fuites et 93,3 % de patients sans infections urinaires. Après 7 injections 44 % des patients étaient toujours secs et 62,07 % n’avaient pas d’infections urinaires symptomatiques. Le taux d’échec était de 24,37 %, la durée moyenne avant échappement était de 34,7 mois. 19 (66 %) patients ont arrêté le traitement pour perte d’efficacités, 9 (31 %) pour évolution de la maladie et 1 (3 %) pour arrêt du traitement sans cause. Sur les 774 injections réalisées, il existait des complications pour 26 d’entre elles (3,35 %).


Conclusion

La toxine botulique reste le traitement de référence de deuxième ligne de l’hyperactivité détrusorienne d’origine neurologique. Il existe, au moins à court terme une bonne réponse dans un nombre élevé de cas. Cette réponse peut se maintenir pendant de nombreuses années, notamment si les patients utilisent le cathétérisme intermittent, et cela avec une excellente tolérance.


Niveau de preuve

4.

Corrélats neuroanatomiques entre lésions AVC et troubles urinaires : une revue de la littérature

31 mars 2019


Contexte

L’AVC est responsable de troubles urinaires variés, fréquents mais souvent sous-diagnostiqués et donc non traités. Malgré la progression de la compréhension du contrôle mictionnel physiologique et des structures cérébrales impliquées, la correspondance précise entre les sites lésionnels et les symptômes urinaires observés n’est pas clairement établie.


Objectif

L’objectif de cette revue était une mise à jour sur ces corrélats neuroanatomiques.


Sources documentaires

La recherche a porté sur les articles en français ou anglais, sur PubMed, portant sur l’être humain ou l’animal, publiés entre le 01/01/2000 et le 31/08/2018 avec les mots clés suivants : (stroke or hemiplegia ) and (urinary incontinence or low urinary tract symptom or retention or overactive bladder or dysuria ) and (anatomy or location or localization or area or lesion ).


Sélection des études

L’auteur principal a sélectionné les articles les plus pertinents sur le résumé puis sur texte complet.


Résultats

Douze articles ont été inclus. Leur étude n’a pas permis de totalement confirmer les corrélats neuroanatomiques dérivés du modèle animal. L’atteinte frontopariétale dans l’incontinence urinaire, l’implication de l’insula dans la rétention urinaire, et la présence systématique de troubles urinaires de types variables dans les lésions du tronc cérébral sont les principales associations retrouvées.


Limites

Peu d’études ont été inclues, avec une méthodologie et une population variables.


Conclusion

Certaines aires cérébrales lésées lors d’un AVC semblent impliquées de façon récurrente dans les troubles urinaires, mais de nouvelles études de plus haut niveau de preuve sont nécessaires pour confirmer cela.

Troubles fonctionnels du bas appareil urinaire après mutilation sexuelle féminine : revue de la littérature

31 mars 2019


Introduction

Cet article a pour objectif de faire la synthèse des données disponibles dans la littérature sur les troubles fonctionnels du bas appareil urinaire (lower urinairy tract symptoms [LUTS]) après mutilation sexuelle féminine (MSF).


Matériels et méthodes

Notre revue de la littérature a permis d’identifier 177 publications, dont 14 ont été incluses.


Résultats

En ce qui concerne les complications à court terme, la prévalence de la rétention aiguë d’urine (RAU) après MSF est estimée entre 3 % et 12 %. En ce qui concerne les complications à long terme, les données sont discordantes concernant les infections urinaires à répétition (IUR) après MSF avec une prévalence estimée entre 9 % et 39 %. La prévalence des LUTS est significativement augmentée chez les femmes ayant subi une MSF. Il y a, par exemple 5,17 IC 95 % (2,34–12,97) fois plus d’incontinence urinaire mixte chez les femmes ayant subi une MSF. La prévalence est d’autant plus élevée que la mutilation est importante. L’évolution des LUTS après reconstruction clitoridienne n’a pas été évaluée.


Conclusion

Des études supplémentaires sont nécessaires pour mieux caractériser et évaluer la prévalence des LUTS après MSF ainsi que l’intérêt et l’efficacité des différentes thérapeutiques.

Résultats carcinologiques et fonctionnels de l’abord interfascial de la prostatectomie robotique comparé avec l’abord intrafascial

1 février 2019


But

L’assistance robotique offre à la prostatectomie totale (PT) cœlioscopique plus d’aisance technique et une plus grande précision pour la préservation des bandelettes vasculo-nerveuses (BVN). La dissection intrafasciale a ainsi été proposée afin d’assurer une meilleure conservation de ces bandelettes. Cependant, cette technique comporte un grand taux de marges positives, justifiant une autre tendance qui consiste en une approche interfasciale. Il y a encore peu d’études à ce jour comparant directement ces 2 techniques, et notre étude est la première à offrir un suivi de 2ans.


Matériel

Notre étude a porté sur une population de 200 patients divisés en 2 groupes. Ils étaient tous continents et avaient tous un bon score IIEF5 : (1) Le groupe 1 était constitué de 100 patients ayant subi une PT robotique par l’abord intrafascial. Ils avaient un âge moyen de 60,3ans (45–70). Leurs cancers étaient majoritairement de risque faible ou intermédiaire de d’Amico. Le PSA moyen était de 7,43ng/ml. Soixante-quinze patients avaient un pT2, 24 un pT3 et un patient avait un pT4. (2) Le groupe 2 comprenait 100 patients qui ont subi une PT robotique par la voie interfasciale. Les patients avaient un âge moyen de 61,6ans (45–72), avec majoritairement un risque faible ou intermédiaire de D’Amico. Le PSA moyen était de 6,3ng/ml. Soixante-quatorze patients avaient un pT2, 22 un pT3a, et 4 un pT3b. Tous les patients ont été évalués après un et 2ans de suivi.


Résultat

Dans le groupe 1, le taux des marges chirurgicales positives (MCP) était de 45 % contre 19 % pour le groupe 2 (p < 0,0001). Le taux des récidives biochimiques (PSA>0,2ng/ml) à 2ans était de 10 % pour le groupe 1 et de 3 % pour le groupe 2 (p = 0,0447). À 2ans, 2 patients du groupe 1 utilisaient 2 protections urinaires ou plus par jour, contre un seul du groupe 2. Soixante-cinq patients du groupe 1 ont maintenu une érection spontanée à un an avec ou sans médication orale, contre 31 patients pour le groupe 2. À 2 ans, 86 patients du groupe 1 avaient une érection spontanée contre 65 du groupe 2 (p= 0,0006). En outre, 65 patients du groupe 1 étaient en même temps capables de pénétration, contre 55 du groupe 2 (p = 0,0045).


Conclusion

L’approche intrafasciale exposait à un taux très élevé de marges positives en n’offrant que peu d’avantages dans la préservation de la fonction érectile à 2ans comparée à la variante interfasciale. Dans notre série, nous n’avons pas remarqué de différence significative entre les 2 voies sur la continence urinaire.


Niveau de preuve

5.

Contraction des muscles du plancher pelvien et pression de clôture urétrale maximale

1 février 2019


But

Le but de l’étude était de préciser les relations entre la contraction volontaire des muscles du plancher pelvien (MPP) et la pression de clôture urétrale maximale (PCUM) mesurée au repos et lors d’un effort de retenue.


Matériel

Étude longitudinale, observationnelle, monocentrique rétrospective incluant 358 femmes adressées consécutivement pour exploration urodynamique. La PCUM au repos et en retenue, le gain de PCUM la longueur urétrale fonctionnelle (LUF), les scores USP et ICQ-SF, la mobilité cervico-urétrale (MCU) selon la classification POP-Q et le seuil de fuite ont été analysés en fonction de la force de contraction des MPP.


Résultats

Cent soixante-treize avaient une incontinence urinaire à l’effort pure, 25 une incontinence urinaire par urgenturie, 148 une incontinence urinaire mixte et 12 n’avaient pas d’incontinence urinaire. La force de contraction des MPP n’était pas associée à une hystérectomie, l’âge, la parité, l’IMC, la MCU, la LUF, la PCUM de repos, la sévérité de l’incontinence évaluée par le score ICIQ-SF et au seuil de fuite. Il existait une relation proportionnelle entre la force de contraction des MPP et la valeur de la PCUM mesurée lors de cette contraction (p <0,0001), d’une part, et le gain de PCUM (p <0,0001), d’autre part. La PCUM de repos était indépendante de la PCUM en retenue et du gain de PCUM.


Conclusion

La force de contraction des MPP n’est pas corrélée à la PCUM de repos, mais elle est proportionnelle à l’élévation de la PCUM en retenue.


Niveau de preuve

4.

Évaluation multicentrique de la bandelette sous-urétrale Advance ® dans le traitement de l’incontinence urinaire masculine postopératoire

1 février 2019


Objectifs

Évaluer à moyen terme l’efficacité et la morbidité de la bandelette sous-urétrale Advance® dans le traitement de l’incontinence urinaire postopératoire de l’homme, et déterminer des critères préopératoires prédictifs de succès ou d’échec.


Matériel et méthode

Étude clinique rétrospective multicentrique chez des patients ayant une incontinence urinaire postopératoire et traités par bandelettes sous-urétrales Advance®. L’importance de l’incontinence préopératoire était classée en légère (pad-test <50 g/j ou 1 protection/j), modérée (pad-test entre 50 et 100 g/j ou port de 2 ou 3 protections/j), ou sévère (pad-test >100 g/j ou >3 protections/j). Les résultats fonctionnels étaient classés en 4 catégories : continence et amélioration, définissant le critère de succès et situation inchangée et situation aggravée définissant le critère d’échec.


Résultats

Soixante-seize patients ont été inclus de 2008 à 2013. La prostatectomie radicale était la cause de l’incontinence dans 85,5 % des cas. L’incontinence était légère, modérée et sévère chez respectivement 43,4 %, 35,6 %, et 21 % des patients. Après traitement, 39,4 % des patients étaient continents et 78,9 % en situation de succès. Le taux de succès diminuait avec la sévérité de l’incontinence (respectivement 94 %, 74 % et 56 %). Chez 9 patients, un sphincter urinaire artificiel a été posé sans difficulté opératoire. Les complications rencontrées étaient une rétention d’urine postopératoire (n =4), un hématome (n =3) et des douleurs scrotales persistantes au-delà d’un mois postopératoire (n =11).


Conclusion

La bandelette Advance® est une technique dont l’efficacité décroît avec l’intensité de l’incontinence, mais qui ne semble pas gêner la pose ultérieure d’un sphincter artificiel. Son principal écueil est la survenue de douleurs scrotales.


Niveau de preuve

5.

Déchirures périnéales post-obstétricales sévères : conséquences à moyen terme sur la qualité de vie des femmes

1 février 2019


Buts

Évaluer la prévalence de l’incontinence anale (IA) et urinaire (IU) à moyen terme après déchirure périnéale du 3e et 4e degré et leur impact sur la sexualité et la qualité de vie des femmes.


Matériel

Il s’agit d’une étude de type cas-témoin, unicentrique. Soixante-huit femmes primipares avec déchirure périnéale sévère (groupe « exposé ») et 136 sans complication périnéale objectivée (groupe « non exposé ») ont été incluses entre le 1er janvier 2005 et le 31 décembre 2010. Elles ont reçu par voie postale un questionnaire comprenant des scores validés de symptômes d’IA (score de Jorge et Wexner), d’IU (ICIQ-SF), de qualité de vie (EQ-5D) et de sexualité (PISQ-12) entre 2 et 5ans après leur premier accouchement. Les données maternelles et obstétricales ont été recueillies rétrospectivement sur le dossier médical informatisé des patientes.


Résultats

Le taux de réponse était de 22,5 % (46/204) dont 30,9 % (21/68) dans le groupe exposé et 18,4 % (25/136) dans le groupe non exposé. Dans le groupe déchirure périnéale sévère (exposé), 57,1 % des femmes déclaraient une IA vs 48 % dans le groupe témoin (p =0,76). Le taux d’incontinence fécale (IF) aux selles liquides était significativement supérieur dans le groupe exposé (p =0,05). Les patientes du groupe exposé rapportaient un impact plus important de ces symptômes sur leur qualité de vie sans différence significative.


Conclusions

La sévérité des troubles inhérents aux déchirures périnéales est non négligeable. Les préventions primaire et secondaire devraient être renforcées dans nos maternités dans l’objectif de préserver la qualité de vie des femmes.


Niveau de preuve

4.

Incontinence urinaire chez des coureuses de loisir de marathon

1 février 2019


Objectif

Déterminer la prévalence de l’incontinence urinaire au sein d’une population de coureuses de loisir interrogées lors d’un marathon.


Matériel et méthodes

Étude observationnelle réalisée au cours d’un marathon à partir de l’analyse de questionnaires remis aux participantes avant la course. Le questionnaire a été remis aux 800 participantes et parmi elles, 517 (64,6 %) ont accepté de le remplir. On distinguait 268 (52,4 %) marathoniennes et 243 (47,5 %) relayeuses.


Résultats

La moyenne d’âge des coureuses était de 41,1 (±9,7) ans, 479 (93,7 %) d’entre elles étaient d’origine caucasienne, leur indice de masse corporelle moyen était de 20,7 (±1,9) kg/m2 et 173 (34 %) étaient nullipares. Parmi les répondeuses, 157 (30,7 %) coureuses ont déclaré avoir des fuites urinaires (toutes circonstances confondues). Parmi les 157 coureuses qui ont déclaré une incontinence urinaire, 83 (52,9 %) avaient des fuites lors de la course à pied. Dans la moitié des cas, ces fuites survenaient habituellement en fin d’épreuve. La prévalence de l’incontinence urinaire survenant lors de la toux, l’éternuement ou le rire parmi les répondeuses était de 96/517 (18,5 %). La prévalence de l’incontinence urinaire sur urgenturies était de 63/517 (12 %). Concernant la fréquence des épisodes, 39/517 (7,5 %) femmes déclaraient avoir au moins une fuite par semaine. La gêne était évaluée à 1,6 (±1,7), sur une échelle de 0 à 10.


Conclusion

Dans cette étude, la prévalence de l’incontinence chez des coureuses de loisir était de 30,7 %, ce qui semble comparable à ce qui est observé en population générale.


Niveau de preuve

4.

Œstrogénothérapie locale en urologie et pelvi-périnéologie. Revue de littérature

1 février 2019


Objectif

Évaluer l’apport de l’œstrogénothérapie locale (OL) vaginale sur les troubles urogénitaux liés à la ménopause ainsi que sur ses effets indésirables à travers une revue de la littérature.


Matériel

Une revue de la littérature a été réalisée dans la base de données Pubmed en utilisant les mots clés suivants : vaginal estrogen , urinary incontinence , urgency , urinary infection, vulvovaginal atrophy, dyspareunia, breast cancer, endometrial cancer, thrombosis .


Résultats

L’OL a démontré son efficacité dans la prévention des infections urinaires, le traitement de l’hyperactivité vésicale et des troubles génitaux de la femme ménopausée à travers d’importantes études randomisées ainsi que des méta-analyses. Les effets indésirables locaux (pertes vaginales, érythèmes, métrorragies, etc.) sont rares. La diffusion systémique de l’OL faible dose est limitée et autorise ainsi sa prescription chez la femme ménopausée sans surveillance particulière. Cependant, l’utilisation d’une OL doit être évitée chez la femme avec un antécédent de carcinologique du sein du fait d’une absence d’étude contrôlée ayant évalué le risque de survenue de cancer du sein. En dehors du cas particulier de la femme à haut risque, il n’existe pas d’augmentation du risque de thrombose chez la femme ménopausée sous OL.


Conclusion

La prescription de l’OL faible dose dans le traitement des troubles urogénitaux post-ménopausiques de la femme est sûre et efficace. L’utilisation de l’OL chez la patiente avec un antécédent de cancer mammaire ou à haut risque de thrombose devrait cependant être évitée.