greffe rénale

Évaluation de greffons de bigreffe transplantés en monogreffe

10 juin 2019


Introduction

La transplantation rénale est le gold standard de la prise en charge de l’insuffisance rénale chronique terminale. Selon l’Agence de biomédecine, le nombre de patients en attente de greffe augmente. Face à la pénurie de greffon, l’utilisation de greffons marginaux permet d’augmenter le nombre de patients transplantés. Parfois lors d’une transplantation en bigreffe, la mauvaise qualité d’un des deux greffons ou d’autres circonstances conduisent à ne transplanter qu’un seul des deux greffons. Nous avons étudié les résultats de la transplantation à partir d’un seul rein de bigreffe en les comparant avec ceux de la transplantation réalisés en bigreffe.


Matériel

Chez 67 patients inscrits pour une bigreffe, 39 bigreffes (groupe 1) ont été comparés à 12 monogreffes réalisés avec un seul des deux reins de bigreffes (groupe 2) et à 15 monogreffes réalisées à partir d’un rein hors protocole bigreffe (groupe 3).


Résultats

La survie des greffons était respectivement pour les groupes 1, 2 et 3 de 100 %, 72,5 % et 75,4 % (p =0,17). La survie des patients était respectivement pour les groupes 1, 2 et 3 de 78,3 %, 89,9 % et 87,8 % (p =0,47).


Conclusion

Notre étude pourrait suggérer que la transplantation à partir d’un rein initialement proposé en bigreffe permettrait d’obtenir des résultats encourageants en termes de survie du greffon et du receveur au prix d’une moins bonne fonction rénale qu’avec une bigreffe. En effet, il n’a pas été retrouvé de différence significative au niveau de la survie des patients et des greffons. Pour ces receveurs âgés, le but de la transplantation est surtout d’éviter la dialyse plutôt que d’avoir une fonction rénale optimale post-transplantation.


Niveau de preuve

4.

Hommage au Pr Dominique CHOPIN - Complications chirurgicales de la transplantation rénale : Incidence et facteurs pronostiques

17 décembre 2018

Objectif : Le but de l'étude est de recenser les complications chirurgicales de la transplantation rénale et de retenir quels ont été les facteurs statistiquement associés à la survenue de ces complications afin d'établir des facteurs pronostiques.
Matériel et méthodes : Entre 1991 et 2001, 654 transplantations rénales consécutives ont été effectuées au CHU de Grenoble. Les caractéristiques propres au receveur, au prélèvement, au greffon ainsi qu'à la technique chirurgicale ont été établies. Les complications chirurgicales ont été colligées. La moyenne d'âge était de 44 ans, 32,9% des patients étaient en surpoids. Le délai moyen entre le début de dialyse et la greffe était de 40 mois. Une diurèse résiduelle était retrouvée chez 49,4% des patients.
Résultats : Dans la population étudiée, 191 complications chirurgicales ont été recensées (29%). Il a été retrouvé un reflux vésico-urétéral dans 4,2% des cas, une sténose urétérale dans 3,6% des cas, une fistule urinaire chez 2,5% des patients, une thrombose artérielle dans 0,9% des cas, une thrombose veineuse dans 0,7% des cas, un saignement dans 7% des cas, une lymphocèle dans 0,9% des cas, une éventration dans 2,5% des cas et une complication crurale chez 2,9 % des patients. Il y a eu 7 transplantectomies réalisées pour une complication chirurgicale (1%). Parmi la population étudiée, il y a eu 3 décès des suites des complications chirurgicales (0,5%).
Parmi les facteurs pronostiques retrouvés, le surpoids et l'artériopathie étaient statistiquement associés à la survenue d'un saignement (p= 0,01 et 0,01). L'absence de diurèse résiduelle et le délai entre la dialyse et la greffe étaient associés à la survenue d'une fistule urinaire (p=0,007 et 0,003). L'age du donneur et la durée opératoire semblaient également être des facteurs pronostiques de l'apparition d'une complication chirurgicale (p=0,002 et 0,042).
Seules les complications vasculaires, digestives et hémorragiques ont mis en jeu le pronostic vital. L'apparition d'une complication urologique n'a pas semblé altérer la fonction du rein.
Conclusion : Les complications chirurgicales de la transplantation rénale sont fréquentes et dominées par les complications urologiques (sténose, fistule et reflux). Les complications urologiques ne semblent pas mettre en jeu la fonction rénale. Les complications vasculaires ont un mauvais pronostic. L'absence de diurèse résiduelle, l'âge, l'obésité et l'artériopathie sont des facteurs associés à l'apparition d'une complication chirurgicale.