Cancer de la vessie : un cancer trop souvent oublié, aux facteurs de risques minimisés !

 

 

La cancer de la vessie touche 13 000 personnes et est responsable d’environ 5 000 décès chaque année en France, principalement chez l’homme de plus de 60 ans. De fait, avec une médiane de survie globale de seulement 5 à 7 mois avec un traitement standard, le cancer de la vessie métastatique est l’un des cancers au pronostic le plus sombre et l’un des grands défis de l’urologie des années 2020. Si les hommes sont les plus touchés en raison de l’utilisation des toxiques professionnels (goudrons, solvants, colorants), l’engouement pour le tabagisme que ce soit du côté des hommes ou des femmes entraîne une forte augmentation de ces tumeurs. 

C’est pourquoi, pour la première fois en France, l’Association Française d’Urologie et l’association de patients Cancer Vessie France Les Zuros, en collaboration avec l’Alliance Merck-Pfizer, s’engage pour faire du mois de mai, le mois du cancer de la vessie.

Les signes précurseurs du cancer de la vessie

Le principal signe est le sang dans les urines. Appelée également hématurie, le sang dans les urines peut être invisible à l'œil (microhématurie) et détectée par une bandelette urinaire ou au contraire entraîner une coloration des urines (macrohématurie).

Les problèmes mictionnels tels que les envies fréquentes d’uriner, les urgenturies, les brûlures urinaires, ou l’incapacité d'uriner sont aussi des signes auxquels il faille faire attention même s’ils ne sont pas spécifiques au cancer de la vessie et peuvent aussi évoquer des cystites ou des troubles prostatiques. 

Enfin, des douleurs dans le bas du ventre, ou d'autres signes plus alarmants (perte de poids, fatigue persistante, douleurs osseuses…) marquent la propagation du cancer de la vessie (métastases). 

Pour autant, tout signe urinaire (hématurie, troubles mictionnels) chez un fumeur ou une personne exposée à des toxiques professionnels doit amener à consulter un urologue pour un bilan. Les examens permettront de déterminer s'il y a une tumeur vésicale (ou plusieurs) et le cas échéant d’en déterminer sa localisation, son agressivité (vitesse d'évolution ou "grade") et si elle est restée superficielle (TVNIM) ou si elle a infiltré le muscle (TVIM).

Les modalités de prise en charge thérapeutique

Le traitement des tumeurs superficielles est variable selon le pronostic. En effet, si le risque est faible, une simple surveillance endoscopique peut suffire. 

Si la tumeur est à haut risque ou à risque intermédiaire, le patient recevra des instillations endovésicales : du BCG pour les premières et de la mitomycine pour les secondes afin de diminuer le risque de récidive. Par ailleurs, des endoscopies et des biopsies sont également réalisées régulièrement surtout dans les cas où la tumeur est plus agressive.

Dans le cas où le cancer de la vessie est diagnostiqué au stade où la tumeur est déjà infiltrante (TVIM) c’est-à-dire que la tumeur a infiltrée le muscle, alors il s’agit d’un cancer de mauvais pronostic avec une survie à 10 ans estimée à 47 %. Pour ces tumeurs, l'urologue n’a plus d’autre choix que de pratiquer le plus souvent une cystectomie totale à savoir une ablation de la vessie et des annexes.

De récents progrès médicaux ont toutefois été observés dans les formes avancées ou métastatiques notamment grâce à l’immunothérapie. Ainsi, le principe de l'immunothérapie consiste à "réveiller" le système immunitaire afin qu'il s'attaque au cancer. De nouvelles générations d'inhibiteurs de check-point permettent de lever l'immunosuppression provoquée par les tumeurs. Deux anticorps en particulier sont très prometteurs pour les formes résistantes aux chimiothérapies et les formes métastatiques, les anti-PD1/PDL1 et CTLA4. 

Pour autant, « la prévention du tabagisme est essentielle, de même que la détection précoce de ces cancers est nécessaire afin d’éviter les formes graves pouvant mettre en jeu le pronostic vital et nécessiter des traitements lourds » conclut le Pr Yann Neuzillet, urologue et responsable du comité vessie de l’AFU.

Attention au tabac !

Quand on associe cancer et tabac, on pense souvent immédiatement aux tumeurs du poumon. Pourtant, 5 cancers sont directement liés au tabagisme. Parmi eux, le cancer de la vessie. Selon une récente étude Opinion Way pour l’Alliance Merck-Pfizer, les Français placent le tabac comme 2e cause probable de cancer de la vessie. Or, 40 % des cancers de la vessie sont liés au tabac.
Fumez-vous ? C'est donc une des questions que posera un urologue à un patient souffrant d'hématurie ou d'autres signes évocateurs d'un cancer de la vessie. Car le tabac est le premier facteur de risque du cancer de la vessie, qu'il soit consommé sous forme de cigarette ou sous toute autre forme de combustion (cigare, pipe, chicha…). Des études épidémiologiques confirment que non seulement le tabac est un grand pourvoyeur de tumeurs de la vessie, mais qu'en outre, en raison des additifs ajoutés par l'industrie, ce risque est en augmentation constante. 
Aujourd'hui, on considère qu'un fumeur a 5,5 fois plus de risque d'être victime d'un cancer de la vessie qu'un non-fumeur. Et ce d'autant plus qu'il aura commencé à fumer plus jeune, et que sa consommation sera élevée