Urétéro-rénoscopie souple : quid des risques et complications ?

09 juillet 2020

Urétéro-rénoscopie souple : quid des risques et complications ?

L’urétéro-rénoscopie souple (URSS) est une intervention chirurgicale notamment réalisée pour le traitement des lithiases rénales, autrement nommées calculs rénaux. Réalisée quotidiennement par l’ensemble des urologues, cette intervention comporte néanmoins des risques, en particulier les infections urinaires pouvant être sévères comme nous le rappelle une étude de l’équipe Marseillaise menée par le Dr Baboudjian (1) au travers d’un état des lieux des facteurs de risque d’infection urinaire post-opératoire lors de cette intervention.

L’infection urinaire, une complication à envisager

Dans cette étude, 6,7% des patients avaient présenté une complication à type d’infection urinaire après l’opération. Ces complications surviennent rapidement au décours de l’intervention (1 à 3 jours après). Ces infections se manifestent par de la fièvre principalement et des signes urinaires comme des brulures ou une envie fréquente d’uriner. Elles peuvent être graves et entrainer une septicémie (infection du sang).

En cas de symptômes post-opératoires, il est donc impératif de consulter en urgence son médecin qui pourra prescrire la réalisation d’un bilan sanguin et urinaire afin de poser le diagnostic, d’évaluer la sévérité et de pouvoir traiter de la façon la plus adaptée et rapide possible par des antibiotiques. 

Afin de limiter ce risque, il est demandé avant l’intervention, la réalisation d’une analyse d’urine afin de vérifier l’absence de germes, ou de pouvoir débuter un traitement antibiotique pour encadrer la chirurgie au besoin.

L’analyse d’urine avant l’intervention, un indispensable

En effet, le principal facteur de risque est le fait d’avoir une analyse d’urine préopératoire non stérile, un traitement antibiotique encadrant le geste opératoire est alors indispensable. Ce serait également le cas pour les analyses d’urine retrouvant une culture polymicrobienne, c’est à dire que plusieurs germes sont présents souvent en faible quantité. Jusqu’alors non traité car souvent considéré comme des souillures liées à la mauvaise réalisation du prélèvement. Il semblerait, compte tenu de ces travaux, que ces analyses d’urines notamment en cas de port de matériel endo-urinaire à demeure (sonde vésicale, sonde dans l’uretère), ne doivent plus être considérées comme telles.

Une chirurgie novatrice

Le rein ou l’uretère (canal qui permet l’écoulement des urines du rein à la vessie) peuvent être le siège de tumeurs, de calculs ou de malformations peu facile d’accès et qu’il convient pourtant de pouvoir diagnostiquer et traiter. Le début des années quatre-vingt marque un tournant dans l’histoire des techniques chirurgicales d’exploration de l’arbre urinaire avec l’avènement de l’urétéroscopie. Apparue une vingtaine d’année après la lithotritie extracorporelle (technique non invasive du traitement des calculs), cette technique chirurgicale permet en passant par les voies naturelles de naviguer dans le rein et l’uretère jusqu’alors explorés exclusivement par chirurgie ouverte notamment pour les tumeurs de la voie excrétrice.  Depuis son développement, le recours à l’urétéroscopie n’a cessé d’augmenter, portée par un matériel de plus en plus performant et miniaturisé, permettant des procédures opératoires plus rapides et plus efficaces. C’est dans cette démarche d’optimisation de la procédure que le Comité d’Infectiologie de l’Association Française d’Urologie (CIAFU) a proposé un algorithme décisionnel (2) afin d’améliorer la prise en charge des patients et d’aider les urologues dans leur prise de décision thérapeutique. Le CIAFU mène actuellement des travaux afin de confirmer la validité de cet algorithme et de montrer qu’il réduit effectivement le taux d’infection urinaire post-opératoire quelle que soit la chirurgie pratiquée.

 

Références

  1. Baboudjian M, Gondran-Tellier B, Abdallah R, Sichez PC, Akiki A, Gaillet S, et al. Predictive risk factors of urinary tract infection following flexible ureteroscopy despite preoperative precautions to avoid infectious complications. World J Urol [Internet]. 29 juill 2019 [cité 30 août 2019]; Disponible sur: http://link.springer.com/10.1007/s00345-019-02891-8.
  2. Vallée M, Cattoir V, Malavaud S, Sotto A, Cariou G, Arnaud P, et al. Perioperative infectious risk in urology: Management of preoperative polymicrobial urine culture. A systematic review. By the infectious disease Committee of the French Association of urology. Prog En Urol. avr 2019;29(5):253‑62. Doi : 10.1016/j.purol.2019.02.010.