Quelle place pour la surveillance active du cancer de la prostate ?

13 janvier 2019

La surveillance active est un des choix thérapeutiques se présentant à un patient avec un cancer de la prostate « localisé » (c’est à dire sans métastases), et de faible risque d’évolution du cancer (stade précoce du développement tumoral).

Depuis une dizaine d’années, la surveillance active prend une place de plus en plus importante dans le choix du patient et de son urologue, évitant l’exposition aux autres options thérapeutiques, parfois plus radicales telle la chirurgie ou la radiothérapie. Malgré des biopsies répétées, les patients conservent une certaine qualité de vie, la surveillance se faisant d’une manière plus ou moins prolongée. Les autres traitements permettent de traiter le cancer, mais ne sont pas sans complications (incontinence urinaire, troubles de l’érection…). C’est pourquoi la surveillance active rentre aujourd’hui dans les standards de traitement du cancer de la prostate.

Une sélection de plus en plus précise des patients

Les critères pour inclure un patient en surveillance active sont un PSA inférieur à 10 ng/ml, un toucher rectal ne mettant pas en évidence de tumeur localement avancée et des biopsies montrant des lésions cancéreuses peu agressives. Ces critères sont encore amenés à évoluer, car depuis cette année, l’IRM prend désormais une place obligatoire dans les recommandations de diagnostic. En effet, l’IRM est devenue un incontournable du bilan, contribuant à préciser la taille et l’agressivité du cancer, et orientant éventuellement l’urologue pour la réalisation de « biopsies ciblées » sur la tumeur en question.

Quel protocole de surveillance ?

Les contrôles se font tous les trois à six mois, avec un examen clinique et un dosage du PSA. L’IRM est également répétée au bout d’un an, et il faudra réaliser de nouvelles biopsies de confirmation, 18 mois après la première. Cette deuxième biopsie peut faire sortir le patient du protocole de surveillance active, si une lésion plus agressive est mise en évidence. Dans ce cas, seul un traitement curatif sera envisagé, avec le choix parmi les traitements précédemment cités. L’anxiété peut également être une contre-indication à la surveillance active, avec environ 10 % des patients qui en sortent pour cette raison. L’amélioration de l’évaluation initiale par imagerie et biopsies ciblées diminue ces risques de restadification, permettant une meilleure adhésion des patients.

La surveillance active apparaît donc comme l’option de choix pour des patients à un stade précoce de la maladie du fait d’une meilleure qualité de vie, et doit être considérée autant que les traitements du cancer localisé.