L’incontinence urinaire de la personne âgée : le point de vue du gériatre

14 mars 2019

L’incontinence urinaire touche plus de la moitié des personnes de plus de 65 ans. Elle est une source fréquente de consultations en urologie. Un problème qui n’est pas à négliger car cela peut avoir des conséquences sur la qualité de vie, ce qui en fait une des priorités des gériatres. 

Les personnes âgées constituent une part importante de la consultation d’un urologue, que ce soit pour des fuites urinaires, des difficultés de miction, ou tous les symptômes directement ou indirectement reliés. La prise en charge peut s’avérer très difficile du fait de leurs conditions, qui peuvent être complètement différentes. Avant toute prise en charge médicale, il faut considérer la personne âgée dans sa globalité. Il est important de peser la balance bénéfice/risque en fonction de leurs fragilités et des autres pathologies (Hypertension artérielle, diabète, insuffisance rénale, …). 

Par exemple, en cas d’incontinence par urgenturie*, un traitement médical est le plus souvent prescrit d’emblée. Le Dr Cyrielle Rambaud (gériatre, CHU Nice) rappelle les règles de prudence : « Certains médicaments, comme les anticholinergiques, ne sont pas à bannir chez la personne âgée mais leur prescription doit être raisonnable et raisonnée. En effet, les anticholinergiques peuvent conduire à une aggravation de troubles cognitifs ou à une confusion chez les patients présentant une fragilité préexistante. Le risque sera d’autant plus grand si le patient prend d’autres traitements, car il peut exister une accumulation d’autres traitements ayant des propriétés anticholinergiques ».  

Cette prescription doit reposer sur des échelles, qui classent les médicaments en plusieurs catégories en fonction de leur dose active. « La qualité de vie chez les personnes âgées est à privilégier. Il faut pouvoir dépister les fragilités de ces derniers, et informer non seulement le patient mais également l’entourage, des effets secondaires potentiels des traitements instaurés. Un suivi régulier est également essentiel avec réévaluation du traitement, les perdus de vue étant souvent les plus fragiles et à risque de décompensation globale. »

 

Une prise en charge multidisciplinaire 

Il est utile de mettre en place une discussion entre l’urologue et le gériatre avant la prise de décision thérapeutique médicale ou chirurgicale. L’important est de de ne pas brûler les étapes et de pouvoir dépister les patients à risque pour éviter d’éventuelles complications gériatriques. 

La personne âgée est par définition un patient complexe pouvant présenter de nombreuses fragilités. Savoir privilégier la qualité de vie est le plus important, afin de ne pas traiter seulement un « symptôme » mais bien une personne dans sa globalité

*Fuites dans des situations particulières, comme lors du contact avec le froid, associée à d’autres symptômes comme les mictions fréquentes et/ou nocturnes