La résection en-bloc des tumeurs de vessie : une pratique pour mieux évaluer une tumeur

09 mai 2019

Depuis maintenant plus de 4 ans, l’équipe du CHU de Toulouse a développé une technique de résection en-bloc des tumeurs de vessie (en un seul morceau), par l’intermédiaire du Pr Malavaud et du Dr Roumiguié. Présentation de la technique avec le Dr Roumiguié du CHU de Toulouse.  

La résection de tumeurs de vessie se fait par voie endoscopique, à l’aide d’un résecteur. Le résecteur est un instrument semi-circulaire qui passe par les voies naturelles, sectionnant une tumeur grâce à un courant électrique. Jusqu’à présent, les tumeurs sont découpées en plusieurs morceaux, récupérés également par les voies naturelles. Cette intervention pose plusieurs problèmes : obtenir une résection assez profonde, jusqu’au muscle de la vessie, sans laisser de tumeur, et éviter des complications post opératoires telles que les saignements de la paroi vésicale, qui peuvent engendrer une hospitalisation prolongée et parfois une nouvelle chirurgie. Une alternative à la résection classique semble avoir trouver sa place à Toulouse, avec la résection bipolaire en-bloc des polypes de vessie.

Une même technique opératoire pour toutes les résections

La technique de résection en-bloc se base sur l’utilisation d’une anse avec un courant électrique particulier, et une incision circulaire faite autour de la tumeur, avec une marge de 5 à 10 mm « Les points importants lors d’une résection en-bloc sont la manière d’aborder la tumeur, avec une « dissection » totalement nouvelle. Il faut également avoir une section brève et précise, et parfois s’aider de la caméra afin de pousser ou soulever la tumeur » précise le Dr Roumiguié. 

Des résultats et des bénéfices 

Présentée en novembre dernier lors du dernier congrès français d’Urologie, cette technique avait déjà fait l’objet d’une évaluation après les 30 premiers patients, deux ans auparavant (1). Cette étude avait montré de bons résultats, et seulement 10 % de complications, tous grades confondus.
Depuis, cette technique a fait ses preuves, avec les nombreux avantages qu’elle propose, telle la conservation de la structure entière de la tumeur (2). « Cela permet une analyse complète de la profondeur de la tumeur ainsi que de son extension au sein du tissu vésical et bien entendu de savoir si l’on a retiré l’ensemble de la tumeur ou non. Cette technique est également utile dans la confirmation de présence de muscle dans les résections pour caractériser une tumeur agressive », explique le Dr Roumiguié.
La résection du polype en-bloc respecte les grandes règles de la chirurgie réalisée pour des cancers, avec un retrait complet de la tumeur (a contrario de la résection classique) et permet donc de mieux stadifier la tumeur, quand on sait les difficultés que peuvent s’avérer l’analyse de ces tissus, la présence ou non de muscle, et les multiples morceaux envoyés par le chirurgien. Ce travail de stadification est essentiel pour le pronostic et pour la suite de la prise en charge.

La résection en-bloc a donc de beaux jours devant elle pour les résections de tumeurs de vessie…

Références
1.    Présentation CFU 2017 : Résultats d’une expérience de la résection transurétrale de vessie en-bloc : à propos de 30 patients B Covin et al.
2.    Présentation ESOU 2019 (European Section of Onco Urology): Is en-bloc TURB the best staging tool? Malavaud B et al.