La prise en charge du priapisme veineux aigu aux urgences

06 septembre 2019

Le CAMS (Comité d’Andrologie et de Médecine Sexuelle) de l’AFU met régulièrement à jour les recommandations de prise en charge thérapeutique en matière de médecine sexuelle. Une des dernières recommandations concerne le priapisme veineux aigu (PVA). Un arbre décisionnel a été mis en place, pour permettre aux médecins urgentistes une prise en charge rapide et efficace. Résumé par le Dr Damien Carnicelli (Chambéry), membre du CAMS. 

Le priapisme est une érection prolongée de plus de 4 heures sans retour à la flaccidité, en l’absence de stimulation physique ou psychologique. Il existe deux types de priapisme, le priapisme artériel, ou priapisme à haut débit, qui n’est pas une urgence, et le priapisme veineux, ou à bas débit, qui est lui une urgence. En effet, il existe des risques de souffrance ischémique dès la 4ème heure de l’érection et une nécrose des corps caverneux (la partie du pénis permettant l’érection) après 24 heures. La prise en charge peut être retardée, en raison d’un manque de prise en charge codifiée : « Notre souhait était donc de développer une procédure type associée à un arbre décisionnel à destination des urgentistes, pour éviter toute attitude inadaptée » indique le Dr Carnicelli.

Une recherche approfondie des derniers articles scientifiques 

Ce travail s’est fait grâce à deux membres du CAMS (Dr Carnicelli et Dr Bondil), en collaboration avec un urgentiste (Dr Habold), en sélectionnant plusieurs articles scientifiques. Après avoir étudié l’ensemble de ces articles, ils ont mis en place une fiche de procédure, complétée par un arbre décisionnel, afin d’orienter de la manière la plus efficace les urgentistes dans cette situation clinique. Une « check-list » est mise en place, avec des questions simples « Qui fait ? », « Quand ? », « Comment ? », et les raisons d’appeler un urologue. 

Algorithme décisionnel et Fiche de procédure 

« Un PVA peut être géré par les urgentistes, dans les 4 premières heures après le début de l’érection, par de « petits moyens » : effort physique bref et intense, douche, application de glace, éjaculation… » indique ainsi le Dr Carnicelli. Il existe plusieurs causes de priapisme veineux aigu (prise de traitement comme les antidépresseurs ou alpha bloquants, maladies hématologiques ou troubles de la coagulation, prise de toxiques…) et la prise en charge comprend aussi de déterminer la cause de cette urgence. 
En cas d’échec des « petites manœuvres », une ponction dans les corps caverneux doit être réalisée, afin de retirer tout le sang accumulé, et injecter un traitement spécifique. Si toutes ces actions s’avèrent infructueuses, l’urologue doit alors effectuer un geste chirurgical en urgence. 
« Le travail du CAMS, via cette fiche de procédure et son arbre décisionnel, confère donc à l’urgentiste un rôle primordial dans la prise en charge initiale, en lien étroit avec l’urologue – ou le centre andrologique de référence pour un traitement optimal » conclut le Dr Carnicelli.