La médecine personnalisée au cœur du dernier congrès français d’urologie

13 janvier 2019

Les traitements et les prises en charges de l’hypertrophie bénigne de la prostate sont multiples. Le mot d’ordre des urologues est dorénavant de personnaliser au maximum le traitement du patient en fonction de ses symptômes.

L’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) est la pathologie la plus fréquente chez l’homme de plus de 60 ans, touchant plus de 2 millions de personnes en France. L’HBP est une pathologie bénigne (c’est-à-dire sans transformation cancéreuse) qui se situe sur la partie centrale de la prostate, et qui cause une augmentation du volume prostatique, par multiplication de cellules de la glande prostatique. Cette augmentation du volume peut causer différents symptômes, qui peuvent être obstructifs (difficultés de miction, sensation de poussée abdominale, temps d’attente avant miction…) ou irritatifs (brûlures mictionnelles, envies pressantes, réveils nocturnes, …).

Chaque année, 100 000 nouveaux cas sont diagnostiqués, en faisant la « star » des consultations d’urologie. Un premier rapport avait été écrit par l’AFU dans les années 80, mais avec l’évolution de la prise en charge, un nouveau rapport a été réalisé et diffusé lors du dernier Congrès Français d’Urologie (CFU). Cette pathologie ne menace plus désormais que très rarement le pronostic vital des patients. L’objectif est désormais de traiter la qualité de vie des patients, que ce soit à travers la prise en charge des symptômes ou des effets secondaires des traitements.

Mais « la tentation est donc de proposer une prise en charge très stéréotypée », soulignent les rapporteurs. Et pour éviter cela, ils insistent sur la nécessité d’une prise en charge personnalisée, adaptée notamment aux attentes des patients en fonction de leur âge, de leur mode de vie et de la gêne ressentie.

Le lever nocturne : une question au centre du débat

La nycturie caractérise le lever nocturne avec une envie d’uriner. Un des enjeux du rapport était de traiter de ce symptôme. « C’est un facteur de complications, de mortalité et de morbidité propre », a complété le Pr Grégoire Robert (Bordeaux) au CFU. « C’est à l’urologue que le médecin généraliste adresse le patient, et c’est à l’urologue de débrouiller les choses afin de savoir ce qui est de son ressort, et ce qui est du ressort d’autres spécialistes ». Attention notamment à ne pas confondre avec l’apnée du sommeil, autre cause de lever nocturne…

Les traitements médicamenteux comme chirurgicaux ne sont pas pleinement satisfaisants. C’est pourquoi il est nécessaire de mettre le patient devant toutes les options qui lui sont offertes, avec une information éclairée sur les bénéfices attendus et les risques associés à chaque prise en charge.
Et, parmi les risques, les troubles sexuels sont devenus une préoccupation majeure. « C’est même sans doute l’enjeu du futur », a estimé le Pr Aurélien Descazeaud (Limoges).