Féminisation de l’urologie

07 octobre 2020

La féminisation des professions médicales est en route depuis de nombreuses années, une tendance qui se retrouve également en chirurgie. Retour sur le parcours d’une femme en chirurgie et particulièrement en urologie avec le Pr Véronique Phé, première femme nommée professeure des universités en urologie.

L’urologie, une famille bienveillante

Le Pr Phé nous raconte sa rencontre avec l’urologie, elle qui se destinait plutôt à une spécialité médicale : « Je voulais être pédiatre au départ. J’ai choisi urologie pour un stage pendant mes études de médecine un peu à contre cœur. Je n’y connaissais absolument rien. Le premier jour je suis allée au bloc opératoire, l’ambiance était faite pour moi, la chirurgie m’a motivée ».

L’urologie est une spécialité complète et très variée qui offre de nombreuses opportunités d’évolution au sein de ses différentes surspécialités. De plus, à chaque stade de l’apprentissage et de sa carrière en urologie, des associations de jeunes médecins, de professeurs et d’experts sont là pour perpétrer cette volonté d’accompagnement. 

Être une femme en urologie, un frein ?

La réponse est sans équivoque : « Pas du tout ! » affirme le Pr Phé. « À aucun moment cela n’a été un frein. À aucun moment on ne m’a fait subir le fait que j’étais une femme » ajoute-t-elle.
C’est dans cet esprit de compagnonnage et de bienveillance que les équipes médicales avec qui le Pr Phe a travaillé ont su ne faire aucune place au sexisme tout au long de son parcours : « Pour ma part, je n’ai jamais ressenti aucune pression en rapport avec mon statut de femme et ça montre je pense la modernité des urologues sur ces questions-là ».

La relation au patient tout d’abord ne doit pas être un frein :« les patients s’en fichent complètement que vous soyez une femme ou un homme » pour Véronique Phé. Les hommes ont pris l’habitude d’être soignés par des femmes médecins. Et les femmes l’acceptent facilement, notamment par association à la gynécologie - obstétrique historiquement plus féminisée au niveau médical.

La tendance actuelle est de valoriser les femmes et de faire part de leurs difficultés. Bien que le Pr Phé ait eu la chance de ne pas en rencontrer dans son parcours dans la capitale, elle est consciente que certaines de ses collègues sont toujours confrontées au sexisme et elle « compte bien profiter de {son} statut pour aider certaines personnes en cas de besoin ».

Les femmes en urologie, pas à tout prix

L’urologie est un mode d’exercice qui se prête parfaitement aux femmes, modulable, elle peut permettre d’évoluer sur un plan médico-chirurgical, médical pur ou chirurgical avec des chirurgies lourdes selon les aspirations de chacune et leur volonté de privilégier une vie familiale ou non.
C’est donc logiquement que la féminisation de la profession avance d’année en année, permettant l’accession des femmes à des postes de plus en plus importants mais le Pr Phé tempère « ce qui est bien c’est la diversité dans la prise de décision, la féminisation de l’urologie est en marche mais il ne faut pas pour autant sortir d’une certaine méritocratie ».

En effet si le Pr Phé est devenue la première urologue nommée à ce poste prestigieux, c’est surtout à force de travail et de détermination. « Devenir professeur c’est difficile. Peu importe le genre. Cela requiert une charge de travail colossale que peu de personne sont capable de fournir » explique-t-elle. 
Fière de son nouveau statut et à raison elle espère pouvoir susciter de l’intérêt particulièrement pour les jeunes et « montrer que c’est possible, même si l’on est jeune, même si l’on est une femme. Il ne faut pas avoir peur de l’ambition ».
En effet d’après elle, il s’agit là d’un plafond de verre que l’on s’impose et c’est alors tout l’intérêt d’avoir des exemples pour lever cette autocensure et motiver les plus jeunes à se surpasser.