Développement durable au bloc opératoire : opération "green bloc " au CHU de Strasbourg.

19 novembre 2020

L’opération “Green Bloc” est le nom donné à la démarche écologique née au sein des blocs opératoires du CHU de Strasbourg pour recycler les métaux de ses blocs opératoires.

Ce projet éco-responsable a été porté par le Dr Juliette Marcantoni, anesthésiste aux hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS).  Il vise à recycler les métaux à usage unique, à rationaliser les plateaux d’anesthésie pour lutter contre le gaspillage et à supprimer le protoxyde d’azote, puissant gaz à effet de serre. En effet, le secteur de la santé n’échappe pas à la prise de conscience en matière d’environnement, et de développement durable. Une opération chirurgicale génère en moyenne 27 kg de déchets soit l’équivalent de la quantité produite par une famille de quatre personnes en une semaine.

Les blocs opératoires produisent 20% à 30% des déchets hospitaliers

Forts de ce constat, une équipe "green team" pluridisciplinaire a été constituée en 2018, rassemblant deux médecins anesthésistes, les équipes des blocs opératoires du Nouvel Hôpital civil et de chirurgie pédiatrique du CHU ainsi que celles de l’Institut Hospitalo-Universitaire. Ils sont ainsi mis en place des actions en faveur de la valorisation des déchets, la limitation du gaspillage et l'élimination le protoxyde d'azote. Chemin faisant, l'opération a véritablement commencé en janvier 2019. Conjointement, une étude médico-économique sur deux sites pilotes, soit neuf salles d'opération, a été lancée pour évaluer les bénéfices de cette opération.
Ainsi, des protocoles de valorisation des métaux à usage unique ont été mis en place. De plus, afin de rationaliser les plateaux d’anesthésie et lutter contre le gaspillage, le CHU a cessé  de préparer les plateaux en avance. Ces derniers sont en effet perdus lorsqu'ils sont ouverts et non utilisés. Enfin, l’usage du protoxyde d’azote a été totalement supprimé. C’est un puissant gaz à effet de serre dont l’impact sur l’environnement est délétère.

En un an, 276 kg de lames de laryngoscopes ont été collectés et recyclés.

Le recyclage des métaux concerne les lames de laryngoscopes jetables en inox utiliser pour intuber les patients. Il s’agit également de collecter l’aluminium contenu dans les fils de sutures et le cuivre présent dans les fils de bistouri jetables. 
Le Dr Juliette Marcantoni estimait qu’en étendant la collecte aux 22 blocs du CHU de Strasbourg, il serait possible de récupérer une tonne de matériel et de générer 600 euros de bénéfice reversé à l'établissement.
Outre la dynamique vertueuse de protection de la planète, elle note un élan de mobilisation des équipes autour de ce projet. Bien que le tri et la collecte ne fassent pas partie de leurs attributions légales, les membres de la “green team” se sont fédérés autour d’un projet dont la dimension sociétale est importante.

L’Association Française d’Urologie salue de telles initiatives et souhaite promouvoir les démarches et projets favorisant le développement durable en chirurgie, et plus largement en santé.