Déconfinement : les greffes de rein reprennent

21 juillet 2020

Depuis le début du mois de mai, l’activité de transplantation rénale a repris après six semaines de réduction. Cette reprise était nécessaire et n’a pu se faire que dans un contexte de contrôle épidémique afin de protéger du risque de contamination les patients receveurs ainsi que les donneurs vivants. 

« Depuis la mi-juin, l’activité de transplantation est considérée comme normale à quelques exceptions près », explique le Pr Marc-Olivier Timsit responsable du comité de transplantation et d’insuffisance rénale aiguë de l’AFU. 
C’est la première fois depuis la première transplantation rénale en 1952, que les greffes ont été limitées en France pour cause de pandémie. Ainsi, seules les transplantations dites urgentes étaient recommandées, c’est-à-dire celles dont le report aurait entraîné un risque vital. « En conséquence, l’activité de transplantation n’a jamais été totalement suspendue, notamment les transplantations combinées ou les transplantations vitales pour lesquelles la dialyse n’est pas possible. Et heureusement, les prélèvements d’organes ont pu être maintenus malgré une baisse importante. », raconte le Pr Timsit.

La reprise des activités médico-chirurgicales se fait différemment selon les régions et dans des conditions d’encadrement très strict qui suivent les recommandations élaborées par les sociétés savantes. « L’estimation de la balance entre le bénéfice de la transplantation et le risque encouru et l’information délivrée aux patients étaient au centre des conditions de reprise », insiste le Pr Timsit. Chaque établissement hospitalier décide et organise sa reprise d’activité en accord avec les équipes médico-chirurgicales incluant néphrologues, chirurgiens transplanteurs, anesthésistes et réanimateurs. Sur le plan logistique, les moyens en lits, en personnel et en matériel doivent garantir des conditions d’hospitalisation à faible risque viral avant et après la transplantation. 
Pour cela, le receveur de greffe est totalement isolé en chambre seule, la surveillance et le suivi des mesures barrières sont renforcés (protection contre le risque de transmission virale par gouttelettes et interdiction des visites). La téléconsultation doit être privilégiée en sortie d’hospitalisation initiale dans les cas de transplantations simples afin d'éviter les déplacements à l’hôpital. Il est important de noter que le risque d’infection par le virus SARS-CoV-2 dans les premières semaines après transplantation dépend du respect des mesures barrière, du confinement au retour à domicile et du risque viral dans l’environnement du patient.