Cancer de la prostate : retour sur la dernière Journée Européenne

10 octobre 2019

La Journée Européenne de la Prostate s’est déroulée le 20 Septembre, où de nombreux évènements ont été organisés partout en France. Chaque année, cette maladie tue plus de 8200 personnes en France, et les urologues cible l’objectif zéro décès, grâce à une meilleure optimisation de la prise en charge des patients. Précisions avec le Pr Pierre Mongiat-Artus, secrétaire général adjoint de l’AFU, et membre du comité de cancérologie de l’AFU (Association Française d’Urologie). 

Le cancer de la prostate est une modification anormale des glandes prostatiques, qui vont se développer de manière anarchique, envahissant d’abord le tissu prostatique normal, puis les ganglions et les organes adjacents. Ce cancer est le premier cancer chez l’homme (26% de l’ensemble des cancers masculins en France), et se classe en 3ème cause de décès par cancer. Heureusement, l’incidence a tendance à diminuer (-4% par an entre 2005 et 2009), mais l’objectif des urologues serait une meilleure sélection des patients pour un traitement optimal, au bon moment, et avec le moins d’effets délétères possibles. 

Un diagnostic plus approprié 

Chez un patient avec une suspicion de cancer de la prostate, un dosage du PSA (une hormone spécifique à la prostate) est réalisé. Cet outil a été l’objet d’une utilisation larga manu, créant un pic de sur-diagnostic entre 2005 et 2010. Depuis, l’utilisation est non seulement régulée, mais également mieux interprétée, en association avec d’autres examens complémentaires tels que l’imagerie par résonance magnétique (IRM) de la prostate. En fonction de ces deux examens, l’urologue décide ou non de biopsies de la prostate. Ces biopsies vont permettre la décision de la suite de la prise en charge, entre traitement ou surveillance dite « active » (de manière rapprochée, avec schémas d’IRM et de biopsies).  

Des traitements personnalisés après avoir identifié les personnes à risque 

« Les progrès en matière de diagnostic ont contribué à diminuer la mortalité, les progrès thérapeutiques ont de leur côté réduit la morbidité (séquelles et effets secondaires) » explique ainsi le Pr Mongiat-Artus. Grâce à des traitements plus ciblés, mais également plus personnalisés, et également adaptés au mode de vie du patient, les effets secondaires sont de plus en plus minimisés. Aussi le nombre de chirurgie diminue (19 163 en 2017 contre 23 192 en 2011) quand les thérapies « ciblées », c’est-à-dire agissant seulement sur le cancer, sont plus employées. 
Pour cela, une meilleure identification des patients à risques est réalisée : les patients d’origine africaine par exemple, sont surveillés de plus près, tout comme les patients avec des antécédents familiaux de cancer de la prostate, sein ou ovaire. De nouveaux marqueurs biologiques sont également en cours de développement, afin d’obtenir d’autres outils que le dosage du PSA. Quant aux biopsies, elles sont désormais ciblées sur la lésion, grâce aux imageries plus précises et performants (IRM) : « L’IRM prendra peut-être un jour dans le cancer de la prostate, la place de la mammographie pour le cancer du sein » envisage ainsi le Pr Mongiat-Artus.