Cancer de la prostate : la radiothérapie hypofractionnée diminue la durée du traitement

03 novembre 2020

La radiothérapie hypofractionnée consiste à intensifier la dose délivrée lors de chaque séance de radiothérapie. Ces fortes doses par séance permettent d’en réduire le nombre. La durée totale de traitement est ainsi plus courte et apporte un meilleur confort de soin. Le Dr Christophe Hennequin explique ses usages dans le cadre du cancer de la prostate. 

« La dose de rayons délivrés en radiothérapie s’exprime en gray (abrégé en Gy). Les progrès des techniques d’irradiation ont permis le développement de l’hypofractionnement. Cette technique délivre une dose de rayons supérieure à une radiothérapie traditionnelle, tout en diminuant le nombre de séances et en augmentant la dose irradiée (Gy) par séance. »

La radiothérapie hypofractionnée est aussi efficace et moins longue qu'un traitement conventionnel

Ainsi, par rapport à une radiothérapie traditionnelle, l’hypofractionnement va améliorer les résultats sur la tumeur en augmentant la dose de rayons délivrée, et diminuer la toxicité des rayons sur l’organisme. De plus, en réduisant la durée et les coûts de traitement, l’accès des patients à la radiothérapie est facilité. Les patients effectueront moins de déplacement au centre de radiothérapie et sur une moins longue durée.
Le Dr Hennequin poursuit : « Le traitement par radiothérapie conventionnelle est d’une durée de 8 à 9 semaines avec une intensité de 1,8 - 2 Gy par séance. L’hypofractionnement modéré permet un traitement en 3 à 5 semaines avec 2,4 à 4 Gy par séance. Notons en outre que les tissus prostatiques cancéreux sont plus sensibles à une dose d’irradiation élevée par séance, plutôt qu’à la dose totale d’irradiation. »

La radiothérapie hypofractionnée modérée est devenue le schéma standard en radiothérapie

Dans le cas du cancer de prostate, l'efficacité et la bonne tolérance de ce protocole de radiothérapie ont été démontrées. Pour cette raison, le traitement par hypofractionnement dit “modéré” est devenu le traitement standard. Le protocole est de 60 Gy en 20 séances de 3 Gy. Le Dr Hennequin précise : « nous avons gardé les mêmes résultats, mais avec de meilleurs coûts et un meilleur confort pour les patients ».
Les progrès de la radiothérapie hypofractionnée sont liés à l'innovation technique de la radiothérapie guidée par l'image (IGRT). « La radiothérapie guidée par l’image permet de repérer la prostate avant chaque séance et d’être plus précis. En fractionnant la dose totale, on protège les tissus à risque. Nous obtenons une diminution significative de la toxicité digestive et urinaire grâce à la radiothérapie guidée par l’image », explique le Dr Hennequin.
Enfin, l'hypofractionnement modéré est proposé uniquement lorsque la prostate est toujours en place et sans irradiation ganglionnaire. Si elle est faisable au niveau ganglionnaire, les preuves restent encore faibles. De même, la radiothérapie hypofractionnée n’est pas possible en traitement après intervention chirurgicale.

La radiothérapie hypofractionnée extrême pour traiter les métastases

Encore appelée radiothérapie stéréotaxique, c’est un type de radiothérapie externe. « Stéréo » signifie « en 3 dimensions (3D) » et « taxique » signifie « explorer ». La radiothérapie hypofractionnée extrême permet de diriger les faisceaux de radiation vers une région très précise. Elle permet donc de délivrer de fortes doses de rayonnement en une séance unique ou en 5 séances avec une précision maximale. 
C’est une technique peu invasive qui peut être proposée pour la prise en charge des métastases de cancer de prostate. Le Dr Hennequin tempère : « le niveau de preuve reste trop faible pour l’instant pour que ce traitement soit proposé. Si la toxicité est acceptable sur le plan urinaire, la recherche a encore besoin de recul sur la réaction des tissus internes rétrécis et durcis par les rayons notamment. »