Questions-Réponses sur la maladie de Lapeyronie

Qu’est ce que la maladie de Lapeyronie ?

La maladie de Lapeyronie est une fibrose qui atteind les corps caverneux de la verge. Cette maladie touche entre 3 et 8 % de la population générale, l’âge moyen des patients touchés est de 50 ans.

Certaines populations sont plus à risques, on note que chez les patients diabétiques il y a environ 10 % de maladie de Lapeyronie et chez les patients ayant été opérés d’une prostatectomie radicale 15 % des patients développent une maladie de Lapeyronie.

Cette fibrose atteint une partie des corps caverneux de la verge et entraine, en son regard, une déformation. La déformation peut se faire dans tous les axes, vers le haut (dorsale), vers le bas (ventrale), vers la gauche (latérale gauche) ou vers la droite ; il peut également y avoir des déformations plus complexes notamment les déformations en sablier.

La maladie de Lapeyronie évolue en 2 phases :

  • une phase dites inflammatoire, qui dure environ 6 mois, pendant laquelle la maladie se met en place. Cette phase est souvent, mais pas toujours, accompagnée de douleur.
  • il y a ensuite la phase chronique, la maladie est alors stabilisée et la plaque n’évolue plus, les douleurs disparaissent.

Qu’est ce qui favorise l’apparition d’une maladie de Lapeyronie ?

La maladie de Lapeyronie est probablement favorisée par des micro-traumatismes de la verge. Cependant, nous ne connaissons pas la cause exacte de la maladie de Lapeyronie.

Certains patients, vont avoir dans leur vie de nombreux micro-traumatismes au niveau de la verge et jamais développer de maladie de Lapeyronie. D’autres développeront une maladie de Lapeyronie dès le premier micro-traumatisme.

Il existe probablement une pré-disposition génétique mais ceci n’est pas prouvé.

Il n’y a pas, à ce jour, de mesure hygiéno-diététique permettant de réduire les risques d’apparition de maladie de Lapeyronie.

Peut-on traiter une maladie de Lapeyronie en phase active ?

La phase active, comme vue dans la question 1, est la phase durant laquelle la maladie de Lapeyronie se met en place. Cette phase est souvent accompagnée de douleurs, elle dure généralement 6 mois. Durant cette phase ¼ des malades va spontanément s’améliorer, ¼ va s’aggraver et la moitié des malades va rester stable. Il n’existe malheureusement pas de traitement réellement efficace pour stopper l’évolution de la maladie de Lapeyronie durant cette phase active.

Votre médecin ou urologue, vous prescrira peut être un traitement par vitaminothérapie mais il n’est pas certain que ce traitement ait une efficacité lors de cette phase.
Aucun traitement chirurgical n’est à envisager durant cette phase active, votre urologue vous demandera de refaire un point avec lui après stabilisation afin d’établir une stratégie thérapeutique.

La maladie de Lapeyronie a-t-elle un rapport avec une tumeur de verge ?

Non la maladie de Lapeyronie n’est absolument pas une tumeur, ni une tumeur bénigne, ni une tumeur maligne. Elle n’a également aucun risque de dégénérer en cancer de verge.
Il n’y a aucune inquiétude à avoir concernant une quelconque évolution carcinologique d’une maladie de Lapeyronie.

La maladie de Lapeyronie peut-elle entrainer des troubles érectiles ?

La maladie de Lapeyronie peut effectivement engendrer des problèmes d’érection. De nombreux patients développent, à la suite de leur maladie de Lapeyronie, un trouble érectile, c’est-à-dire des difficultés à obtenir des érections de qualité.

Ces troubles érectiles peuvent avoir 2 origines :

  • Une origine psychologique, en effet la maladie de Lapeyronie a souvent des répercussions intenses d’un point de vue psychologique, ce qui peut détériorer la qualité des érections sans pour autant avoir un problème organique qui explique ces problèmes d’érection.
    On peut noter que 20 % des malades environ développent des syndromes dépressifs liés à leur maladie de Lapeyronie. Il est donc aisé de comprendre qu’une maladie de Lapeyronie puisse engendrer des problèmes d’érection.
  • Les troubles érectiles peuvent être liés directement à la fibrose, c’est-à-dire à la plaque de Lapeyronie qui peut engendrer des troubles vasculaires dans la verge.
    Très souvent, les patients signalent une érection rigide en amont de la fibrose de la plaque de Lapeyronie puis une érection molle sur la distalité, c’est-à-dire en aval de la plaque de Lapeyronie.

Existe-t-il des traitements non chirurgicaux de la maladie de Lapeyronie ?

Oui, en phase stabilisée, nous pouvons réaliser des injections de XIAPEX (Collagénase).
Ce traitement est assez nouveau en France, ce sont des injections que l’on fait dans la plaque de Lapeyronie.
Ce traitement permet de réduire la courbure d’environ 20° et ce traitement est efficace chez 60 % des malades. Ce traitement est le seul qui a montré une efficacité très significative sur la maladie de Lapeyronie.
Il se fait pour l’instant uniquement en phase stabilisée de la maladie de Lapeyronie. Généralement votre urologue vous proposera de faire 1 ou 2 injections espacées de 1 à 2 semaines chacune puis il évaluera l’efficacité du produit.
En cas de non efficacité, votre urologue considérera que vous êtes non répondeur au traitement et arrêtera les injections.
En cas d’efficacité, votre urologue vous proposera de continuer les injections.
En tout, il est recommandé de réaliser jusqu’à 8 injections en cas d’efficacité.
Le principal inconvénient de ce traitement est son coût, ce traitement est très coûteux et malheureusement non remboursé par la sécurité sociale.

Quels sont les risques du traitement par XIAPEX (Collagénase) ?

Les risques les plus fréquents sont des risques d’ecchymose ou d’hématome en regard du point de ponction, il peut y avoir également des sensations de prurit (grattage).

Le risque le plus grave est la survenue d’une fracture de verge, c’est-à-dire la rupture du corps caverneux. Ce risque survient chez 1 % des malades dans les études cliniques.
En cas de fracture des corps caverneux, vous développerez sur votre verge un très gros hématome qui nécessitera une prise en charge en urgence par votre urologue.

Quels sont les risques des traitements chirurgicaux ?

Lors de la phase stabilisée, deux types de traitements chirurgicaux peuvent être proposés :

  • Traitement dit de Nesbit ou de plicature, ce traitement consiste à réduire le côté de la verge contro-latéral à la plaque (non malade) afin d’équilibrer la longueur des corps caverneux. Ce traitement est efficace pour réduire la courbure mais au prix d’une perte de taille de verge.
    Généralement, on admet que le patient perdra 1 cm de taille de verge pour 30° de correction de courbure.
    Le traitement par Nesbit ou plicature est recommandé pour les patients ayant des courbures inférieures à 60°.
  • Pour les patients ayant des courbures complexes, supérieures à 60° ou associées à des déformations en sablier par exemple, un traitement par incision + greffe est nécessaire. On parle également d’incision + patch. Ce traitement consiste à couper la plaque puis à déposer un patch afin de combler le déficit en albuginée suite à la dissection des corps caverneux. Ce traitement est efficace pour réduire la déformation de la verge mais a comme principal inconvénient le risque de troubles érectiles qui survient chez 30 % des malades.

Dans tous les cas, les traitements chirurgicaux comme le Nesbit ou l’incision patch ne seront effectués qu’en cas d’absence de problème d’érection au préalable.

J’ai perdu beaucoup de taille de verge suite à ma maladie de Lapeyronie, vais-je retrouver ma taille de verge d’avant grâce au traitement chirurgical ?

Les patients atteints de maladie de Lapeyronie décrivent souvent une perte importante de leur taille de verge. Cette perte de taille est liée à la fibrose qui se développe sur les corps caverneux et réduit l’élasticité de la verge lors de l’érection ce qui entraine une perte plus ou moins importante de la taille de la verge.

Les traitements comme le XIAPEX ou les chirurgies ne permettent malheureusement pas d’agrandir la taille de verge, ils permettent au mieux de maintenir la taille de la verge mesurée au moment du diagnostic c’est-à-dire avec la maladie en place.

Le traitement par ultrasons est-il efficace pour traiter les plaques de Lapeyronie ?

Il n’est pas certain que les ultrasons aient une efficacité importante sur le traitement de la maladie de Lapeyronie, en tout cas en ce qui concerne la déformation.
Il est possible d’utiliser les ultrasons en phase active pour réduire les douleurs si elles sont présentes bien évidemment.

Le vacuum est-il efficace pour traiter la maladie de Lapeyronie ?

L’utilisation du vacuum pourrait avoir une efficacité sur la réduction de la déformation dans le cadre de la maladie de Lapeyronie. Cependant, aucune preuve scientifique formelle n’existe concernant le vacuum.

Pour obtenir une efficacité de ce type de traitement, il faudrait utiliser le vacuum tous les jours pendant des phases d’au moins 30 minutes / jour et ce pendant de longs mois.

De quel traitement puis-je bénéficier en cas de maladie de Lapeyronie et de problème d’érection associé ?

Comme expliqué plus haut, en cas de problème d’érection associé à la maladie de Lapeyronie, les traitements chirurgicaux comme le Nesbit ou l’incision patch ne seront pas possibles car ils entraineraient trop de risques d’un point de vue de l’érection dans le futur.

Dans ce cas, il est recommandé de mettre en place un implant pénien, une prothèse de verge lors de la chirurgie. L’implant pénien permettra de régler le problème érectile tout en permettant de réaliser la chirurgie de redressement de la verge. Si un implant pénien (prothèse de verge) est mis en place, il s’agit bien évidemment d’une technique complexe nécessitant une prise en charge dans un centre spécialisé.