Questions-Réponses sur la lithiase urinaire

Qu'est-ce qu'un calcul urinaire ?

Un calcul est une masse dure et solide qui peut se former dans la vésicule biliaire, la vessie et les reins. Ces calculs ont des causes différentes et sont traités différement.
Ces questions-réponses traitent des calculs rénaux et urétéraux.

Ceux-ci se développent dans le rein et y restent ou se déplacent vers l'uretère.
Les calculs rénaux se forment lorsque les sels minéraux présents dans l'urine cristallisent. La plupart des calculs s’éliminent en urinant. Cependant, dans certains cas, vous pourriez avoir besoin d'un traitement pour enlever le calcul.

Quelques informations concernant les calculs urinaires :

  • Les calculs urinaires sont fréquents : Ils touchent une personne sur 10.
  • Vous avez 5 à 10% de chances de former une pierre durant votre vie.
  • Les hommes sont plus souvent touchés que les femmes, avec un rapport de 3 à 1. Cette différence diminue en raison des changements de mode de vie et d'alimentation.
  • Les personnes entre 30 et 50 ans sont le plus touchées.
  • Le risque de récidive est important.

Quelles sont les causes des calculs rénaux ?

N'importe qui peut développer un calcul rénal au cours de sa vie. Les calculs peuvent se former si vous n’urinez pas beaucoup. Cela peut être lié à votre hydratation et à la présence de substance dans l’urine qui favorise la formation de calculs rénaux.

Quels sont les symptômes ?

Les gens associent souvent les calculs rénaux et urétéraux avec la douleur. Cependant, les symptômes peuvent varier d'une douleur intense à l’absence de douleur en fonction des caractéristiques du calcul urinaire comme la taille, la forme et la localisation du calcul dans les voies urinaires.

Douleur sévère (colique néphrétique)

Si le calcul bloque le flux d'urine normal à travers l’uretère, vous éprouverez une douleur intense, connue sous le nom de colique néphrétique. Ceci est une douleur aiguë dans la fosse lombaire et du flanc (sur le côté, des côtes à la hanche). Vous pourriez aussi ressentir de la douleur à l'aine ou à la cuisse. Les hommes ont également des douleurs dans les testicules.

Les autres symptômes qui peuvent accompagner les coliques néphrétiques sont:

  • La nausée
  • Les vomissements
  • Le sang dans l'urine (l'urine apparaît rose)
  • Les mictions douloureuses
  • La fièvre

La colique néphrétique est une situation d'urgence et vous devez consulter votre médecin ou à l'hôpital le plus proche pour soulager la douleur. En cas de forte fièvre, vous devez consulter en urgence.

Douleur sourde ou aucun symptôme

Les calculs peuvent également provoquer une douleur récurrente et sourde dans le flanc. Ce genre de douleur peut être un symptôme d'autres maladies ainsi, vous devrez prendre des médicaments antalgiques, réaliser des examens complémentaires (scanner ou échographie rénale) pour savoir si vous avez des calculs rénaux ou urétéraux.

Certains calculs ne causent aucun inconfort. Ceux-ci sont dits asymptomatiques et sont généralement petits. Ils sont en général trouvés sur une radiographie, une échographie ou un scanner.

Comment réalise-t-on le diagnostic ?

Le médecin prescrit une série d’examens pour comprendre ce qui cause vos symptômes. C'est ce qu'on appelle un diagnostic. Premièrement, le médecin vérifiera vos antécédents médicaux et réalisera un examen physique. Ensuite, des examens complémentaires, notamment d’imagerie seront nécessaires à la confirmation du diagnostic.

Quels sont les techniques d'imagerie utilisées ?

Pour localiser votre calcul, le médecin prévoit une imagerie de vos organes internes. Vous réaliserez une échographie, qui utilise des ultrasons pour créer une image. En plus de l'échographie, vous pouvez avoir besoin d'une radiographie des voies urinaires appelée abdomen sans préparation.

Une autre méthode courante de diagnostic est un scanner abdomino pelvien (tomodensitométrie). Cet examen peut montrer clairement le nombre, la localisation précise, la taille, la forme et l'épaisseur de la pierre.

Analyse du calcul urinaire et autres examens ?

En cas de colique néphrétique, des examens sanguins et urinaires vérifient l’absence d’infection ou d’insuffisance rénale.

Si votre calcul peut être éliminé spontanément dans l'urine, votre médecin peut vous recommander de filtrer votre urine pour recueillir le calcul. Une analyse du calcul peut aider à définir les meilleures options de traitement et la prévention des récidives.

Comment traite-t-on les calculs ?

Tous les calculs ne nécessitent pas de traitement. Vous avez besoin de traitement si votre calcul cause des douleurs et ne s’élimine pas spontanément avec l'urine. Votre médecin peut également vous conseiller le traitement et l’adapter en fonction de vos antécédents.

Si vous avez un calcul rénal ou urétéral asymptomatique, vous ne recevrez généralement pas de traitement. Votre médecin prévoira des visites de contrôle régulières pour s'assurer que vous vous portez bien. Si votre calcul est susceptible de passer avec l'urine, votre médecin peut prescrire des médicaments pour faciliter ce processus. Cela correspond à un traitement conservateur.

Qu’est-ce qu’un traitement conservateur ?

La plupart des calculs rénaux ou urétéraux quitteront votre corps pendant que vous urinez. Cependant, en fonction de la taille et l'emplacement de la pierre, il vous faudra un certain temps pour éliminer le calcul. Vous pouvez souffrir de coliques néphrétiques lors de la migration du calcul dans les voies urinaires.
En général, vous pouvez garder cela à l'esprit:

  • Plus le calcul est proche de la vessie, meilleur est la possibilté de l’éliminer spontanément.
  • Plus le calcul est gros, moins il risque de s’éliminer spontanément.

Quel est le traitement médical pour faciliter l’expulsion spontanée des calculs ?

Votre médecin peut vous prescrire des médicaments (alpha-bloquants ou nifédipine) pour favoriser l’expulsion spontanée du calcul et limiter la douleur lors de sa migration sur les voies urinaires. Ce traitement est plus efficace pour les calculs urétéraux.

Au cours de cette prise en charge, des visites médicales régulières sont nécessaires afin de vérifier la migration du calcul et votre état clinique.

Quels sont les autres traitements ?

Les calculs rénaux ou urétéraux doivent être traités s'ils provoquent des symptômes. Il existe trois façons courantes de détruire les calculs :

  • La lithotritie extra corporelle
  • L'urétéroscopie rigide et souple
  • La néphrolithotomie percutanée

L'option de traitement dépend de nombreux aspects (nombre, taille, localisation des calculs, antécédents médicaux et chirurgicaux, symptômes). Le facteur le plus important est la présence de symptômes. Selon que le calcul se trouve dans le rein ou l'uretère, le médecin peut recommander un traitement différent.

La lithotritie extra corporelle

La lithotritie extra corporelle est réalisée avec une machine qui peut casser des calculs par voie externe. Pour casser les calculs, des ondes de choc focalisées (courtes impulsions d'ondes sonores à haute énergie) sont transmises au calcul au travers de la peau. Le calcul absorbe l'énergie des ondes de choc et cela le fragmente en morceaux. Les fragments sont ensuite éliminés plus facilement dans l’urine dans les jours ou semaines qui suivent l'intervention.

L’urétéroscopie

L’urétéroscope est un type de traitement avec un endoscope de petit calibre. Les taux de réussite sont très élevé, et le risque de complications est faible.
Pour l’urétéroscopie, vous bénéficierez d’une anesthésie générale ou locale. Une fois que vous êtes sous anesthésie, le médecin entre dans la vessie avec l'endoscope à travers l'urètre sans faire une incision dans votre corps. La pierre est retirée en utilisant une sonde à panier en monobloc ou après fragmentation.

La néphrolithotomie percutanée

La néphrolithotomie percutanée est une intervention chirurgicale visant à enlever les gros calculs directement du rein. L'avantage est que de très gros calculs sont enlevés en une seule opération. La néphrolithotomie percutanée est réalisée sous anesthésie générale.

Comment prévenir les récidives ?

Certains patients qui ont eu des calculs rénaux ou urétéraux peuvent former d’autres calculs dans le futur. Après un premier épisode de calcul éliminé ou traité, votre médecin déterminera si vous présentez un risque élevé de récidive.

Pour cela, il fera analyser le calcul. En outre, le médecin consultera les résultats de vos analyses de sang et d'urine qui ont été effectuées avant le traitement.

Si votre risque de récidive est faible, les changements de mode de vie seront suffisants pour réduire le risque de former un autre calcul.

Les conseils suivants sont pour les adultes :

1) Boire plus

  • Assurez-vous de boire 2,5 à 3 litres par jour
  • Boire régulièrement tout au long de la journée
  • Choisissez des boissons à pH neutre comme l'eau ou le lait
  • Surveillez combien vous urinez. Il devrait être 2 à 2,5 litres par jour
  • Surveillez la couleur de votre urine : elle devrait être diluée et s’éclaircir
  • Buvez encore plus si vous vivez dans un climat chaud ou si vous faites beaucoup d'exercice physique.

2) Adaptez votre régime

En fonction de votre situation individuelle, votre médecin peut vous recommander d'adapter votre alimentation. C'est important d'en discuter avec le médecin en premier.

  • Avoir une alimentation équilibrée et variée
  • Mangez beaucoup de légumes, de fibres et de fruits (en particulier les agrumes)
  • Essayez de manger plus d'aliments à faible teneur en oxalate comme les œufs, les lentilles, le riz blanc, pommes épluchées, raisins, chou-fleur, courge, etc.
  • Assurez-vous que votre régime alimentaire contient une quantité suffisante de calcium (environ 1000 milligrammes par jour). Cependant, soyez prudent avec les suppléments de calcium et demandez toujours conseil à votre médecin
  • Réduisez la quantité de sel dans votre alimentation (pas plus de 3 à 5 grammes par jour)
  • Ne mangez pas trop de protéines animales, en particulier viande de jeunes animaux. Au lieu de cela, mangez plus de protéine végétale, trouvée par exemple dans les avocats, chou-fleur, ou pois
  • Maintenez un poids de santé (votre indice de masse corporelle doit être entre 18-25 kg / m2)

3) Habitudes saines

Adopter un mode de vie sain est toujours une bonne idée.

  • Pratiquer une activité physique, 2 ou 3 fois par semaine
  • Éviter le stress

Qu’est-ce qu’un bilan métabolique ?

Si vous avez un risque élevé de former plus de calculs, votre médecin fera une évaluation métabolique. C’est un ensemble d’examens biologiques sanguins et urinaires pour déterminer le traitement qui diminuera les récidives.

Selon les résultats, un traitement médical peut être prescrit. En outre, il peut être utile d'envisager des changements de style de vie. Votre médecin discutera de votre situation individuelle et des options de traitement avec vous.

Glossaire

Anesthésie (générale ou locale) : Sous anesthésie générale, vous êtes endormi et respirez à l’aide d’une machine. Des antalgiques évitent toute douleur. Sous anesthésie locale, vous êtes conscient mais vous ne ressentez pas de douleur dans la partie de votre corps où la procédure chirurgicale est réalisée.

Vessie : Organe qui recueille l'urine produite par les reins.

Tomodensitométrie (CT) ou scanner : Technique d'imagerie qui fait une série d'images axiales radiographiques de votre corps.

Endoscope : c’est un instrument semblable à un tube pour examiner l'intérieur du corps. Il peut être flexible ou rigide.

Reins :  Deux organes en forme de haricot à l'arrière de l'abdomen qui filtrent le sang et produisent de l'urine dans laquelle sont éliminés les déchets de l’organisme.

Traitement conservateur :  traitement qui consiste à favoriser l’élimination spontanée du calcul.

Oxalate : composant trouvé dans de nombreux types d'aliments qui peuvent être liés à la formation de calculs rénaux ou urétéraux.

Colique néphrétique : Douleur aiguë dans le flanc, la fosse lombaire, l'aine ou la cuisse causée par un calcul qui bloque l’écoulement normal de l'urine.

Échographie : Technique d'imagerie par ultrason qui utilise des sons à haute fréquence pour créer une image de l'intérieur du corps.

Uretère :  L'un des deux tubes à travers lequel l'urine s'écoule des reins vers le vessie.

Urètre :  Le tube qui transporte l'urine de la vessie à l’extérieur du corps.

Voies urinaires : Système des organes qui produit et transporte l'urine à travers et hors du corps. Il comprend les 2 reins, les 2 uretères, la vessie et l'urètre.
Les voies urinaires sont similaires chez les hommes et les femmes, sauf au niveau de l’urètre qui est plus long chez l’homme.

Quelle eau me recommandez-vous docteur ? Je ne bois pas l'eau du robinet, car elle est calcaire.

Vous pouvez boire l'eau du robinet. La teneur en calcaire est un indice de dureté de l'eau. La concentration du calcium dans l'eau de distribution doit être comprise entre 80 et 120 mg/l. Cela représente une eau normo-calcique. C'est ce qui est recommandé de boire par le CLAFU, le Comité Lithiase de l'AFU.

On m'a dit de boire de l'eau pétillante Vichy pour éviter les calculs. Qu’en pensez-vous docteur ?

L'eau de Vichy est en effet très indiquée pour dissoudre les calculs composés d'acide urique. Cependant, ces calculs ne représentent qu'environ 20 % des calculs et touchent en priorité les patients diabétiques ayant un syndrome métabolique et ceux âgés de plus de 65 ans. Aussi, cette eau est très salée et risque de vous causer des calculs calciques ou de l'hypertension. Essayez déjà de boire régulièrement 2 litres d'eau par jour, cela vous sera bénéfique.

On m'a dit de boire de la Volvic pour éviter les calculs. Qu'en pensez-vous docteur ?

L'eau de Volvic est effet pauvre en calcium. Elle en contient 12 mg/l. Le calcium est essentiel à la vie quotidienne. Si vous mangez suffisamment de laitages pour avoir un apport d'1 gr de calcium par jour alors, oui, vous pouvez boire de la Volvic. Sinon, buvez de l'eau du robinet ou une eau qui contient entre 80 et 120 mg/l de calcium et buvez-en 2 litres par jour. En effet, comme nous avons besoin de calcium tous les jours, il est essentiel d'avoir un apport suffisant sinon votre organisme ira puiser du calcium dans votre squelette.

Combien faut-il boire d'eau par jour ?

Nous recommandons au moins deux litres par jour. Cependant, si vous avez la possibilité de récupérer vos urines dans une bouteille de deux litres, essayez de boire suffisamment pour la remplir sur 24 heures. En effet, il est prouvé qu’uriner deux litres par jour permet de diminuer par quatre le risque de récidive de calculs oxalo-calciques ?

Il paraît qu'il faut éviter de manger du chocolat pour éviter les calculs : qu'en pensez-vous docteur ?

En effet, le cacao que nous mangeons subit des transformations dans l'organisme qui aboutissent à la formation d'oxalate qui est libéré dans les urines. 80 % des calculs sont composés d'oxalate de calcium. Il faut donc manger le moins de chocolat possible quand on est sujet aux calculs et surtout boire beaucoup d'eau pour diluer le plus possible la concentration de l'oxalate dans les urines. Vous trouverez sur la fiche prévention « Règles diététiques et calculs urinaires » de l’AFU d’autres aliments riches en oxalate.