La néphrectomie avec RAAC : bien plus qu’une intervention chirurgicale

02 août 2018

Meilleure récupération, convalescence plus courte, diminution des évènements indésirables et des réhospitalisations… la RAAC, ou récupération améliorée après chirurgie, est une nouvelle procédure incontournable dans le milieu chirurgical, qui devrait se développer dans les néphrectomies.  

La pratique de la chirurgie évolue, et pas uniquement sur le plan technique. La prise en charge chirurgicale englobe tout un travail en amont, pendant et après l’acte chirurgical. Dans ce contexte, la RAAC (Récupération améliorée après chirurgie) – ou fast track – se développe, et apporte avec elle de nombreux bénéfices. « C’est un système gagnant-gagnant », estime le Pr Philippe Paparel du Centre hospitalier Lyon Sud. « Tout le monde s’y retrouve ». Et pour la néphrectomie partielle ou totale, elle fonctionne très bien.

Une nouvelle approche de la chirurgie

Le but, comme son nom l’indique est le rétablissement précoce des capacités des patients après la chirurgie. Toute l’équipe soignante se mobilise avant, pendant et après l’opération. Un travail pré-opératoire est mis en place, avec exercice physique et arrêt du tabac et de l’alcool notamment.

Par exemple, avec la procédure RAAC « nous ne posons plus de drains ni de sondes urinaires », explique le Pr Paparel. Le seul acte à réaliser, en dehors de l’opération robot-assistée, reste la pose du cathéter ! Dès le jour même, les patients sont réalimentés, leurs cicatrices sont mises à l’air le lendemain et si tout va bien, leur sortie peut être décidée.

Un gain pour les patients…

« C’est une révolution dans l’approche de l’intervention », poursuit-il. « Le patient est maître de sa prise en charge ». Il est inclus à part entière dans le processus. Un livret lui permet de la suivre pas à pas. Résultat : « Une satisfaction des patients qui se plaignent moins de la douleur, malgré un retrait total de la morphine ».

De plus, « les études montrent que la procédure RAAC diminue le taux de complications : l’apport de la robotique diminue le risque de complications chirurgicales, et la procédure entraîne moins de risques médicaux », résume-t-il.

… et pour le personnel soignant !

Pour l’urologue et l’équipe infirmière, le travail change également. Dans un contexte médico-économique qui vise à démédicaliser au maximum les interventions, la RAAC se traduit par moins de gestes techniques, moins de prescriptions, moins de soins, plus de relationnel, une hospitalisation plus courte… Ce qui allège le travail des équipes médicales et désencombre les hôpitaux.

Seulement une règle doit être respectée : la coordination des équipes multidisciplinaires. « La RAAC est comme un train », compare Philippe Paparel. « Les chirurgiens, kinés, anesthésistes, infirmiers et secrétaires en sont les wagons, et si l’un déraille, c’est le train en entier qui le suit. Le patient ne reste pas longtemps dans le service, il ne faut donc pas se louper. Cela demande de l’organisation, même quand tout roule. Ce n’est jamais de la routine ».