HPV : L’importance de la vaccination pour tous

22 août 2017

Le papillomavirus humain (HPV) cause une des infections sexuellement transmissibles les plus fréquentes. Généralement asymptomatique, il peut être à l’origine de cancers. En France, depuis 2007, un vaccin existe et est conseillé seulement pour les femmes et depuis 2016, pour les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. Son extension pour tous semblerait pertinente.

Asymptomatiques le plus souvent, certains patients atteints de papillomavirus peuvent présenter des démangeaisons avec ou sans lésions de grattage, et des verrues génitales appelées condylomes. Ces petites tumeurs bénignes cutanées se localisent au niveau des organes génitaux ou du pourtour de l'anus. Elles ont « un vrai impact psychologique, parce que c’est disgracieux et sexuellement transmissible », explique le Dr Charlotte Methorst, urologue à Paris et membre du comité d’andrologie de l’Association Française d’Urologie. Et malheureusement, à la différence des autres IST, le préservatif « ne protège pas du tout » contre ce virus très contagieux. « Il n’y a pas besoin de rapport sexuel avec pénétration : de simples caresses au niveau de la zone génitale sont suffisantes », précise cette spécialiste de la prise en charge de l’HPV.

Globalement, les HPV se divisent en deux grandes familles : ceux qui provoquent les condylomes et ceux qui sont responsables de lésions invisibles à l’œil nu, pouvant devenir, dans certains cas, des lésions précancéreuses puis cancéreuses. C’est le cas pour le col de l'utérus. En effet, les HPV seraient présents dans 80 à 100 % des cancers du col de l'utérus. Mais, « qu’il soit oncogène ou non, il est de toute façon important de diagnostiquer l’HPV, car c’est un facteur de risque de développer un cancer HPV-induit plus tard dans sa vie », résume le Dr Methorst.

Hommes ou femmes, tous à risque !

Le risque cancéreux ne se limite pas au col de l’utérus chez les femmes, l’infection à l’HPV est associée à un risque accru de développer un cancer du canal anal, un cancer du pénis, un cancer de la sphère ORL (bouche, gorge, larynx, pharynx, etc.). « On soupçonne également un sur-risque dans les cancers cutanés et le cancer du côlon », précise-t-elle. Il est probable aussi que le virus altère la mobilité des spermatozoïdes, occasionnant donc des problèmes de fertilité.

Depuis 2007 en France, il existe une vaccination contre certains types de papillomavirus, recommandée chez les jeunes filles dès l’âge de 9 ans pour prévenir le cancer du col de l’utérus. « La vaccination empêche la survenue de condylomes dans 90 % des cas et diminue le risque de cancer. » explique la spécialiste.

La vaccination contre HPV a été étendue en 2016 aux hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes (HSH) jusqu’à l’âge de 26 ans. Cette extension demeure limitée, alors que les pays anglo-saxons proposent déjà depuis plusieurs années la vaccination à tous les garçons, quelles que soient leurs pratiques sexuelles. « Une extension aux garçons permettrait aussi de rattraper la mauvaise couverture chez les filles », estime le Dr Methorst. La couverture vaccinale chez les filles est en effet passée sous la barre des 30 % en 2012 et peine à remonter depuis, alors que le virus HPV est responsable de la quasi-totalité des cancers du col de l’utérus.

Favorable à une vaccination intégrale, le Dr Charlotte Methorst s’avoue confiante sur une future extension des recommandations. « La Suède et la Finlande sont en voie de le faire. En France, des études sont en cours : je pense qu’on va aller doucement vers une vaccination chez l’homme. »