Cystocèle : les grossesses doivent-elles être prise en compte ?

10 mars 2018

Cystocèle : les grossesses doivent-elles être prise en compte ? 

Entre 6 et 20 % des femmes seraient victimes, à un moment de leur existence, d'un prolapsus ou "descente d'organe". L’affaissement de la vessie qui vient former une hernie dans le vagin ou cystocèle, représente la majorité des cas de prolapsus. La responsabilité des grossesses et des accouchements dans la survenue de cette affection reste en discussion.

Lourdeurs, troubles urinaires et sexuels et parfois même, extériorisation d'une hernie, sont autant de symptômes qui signent une "descente d'organe". Cette affection fréquente, souvent taboue, peut altérer lourdement la qualité de vie des femmes qui en souffrent.

Cystocèle et facteurs de risque

"Le vagin est un peu comme une maison avec un mur antérieur, un mur postérieur et un toit", explique le Dr Adrien Vidart, membre du comité d’urologie et de périnéologie de la femme de l’AFU. On peut avoir un effondrement de l'un des murs ou de la toiture lorsqu'un des organes de l'abdomen n'est plus suffisamment maintenu. Il vient alors reposer sur l'une des parois du vagin et entraîne une hernie.

Les causes des prolapsus sont assez similaires quel que soit l'organe touché.

  • Soit il existe depuis l'origine un "défaut de construction", c'est-à-dire une moindre résistance du tissu qui maintient ces organes.
  • Soit la maison a été "fragilisée" par divers événements survenus dans la vie de la patiente : le tabagisme, les toux chroniques, l'obésité, les chirurgies pelviennes, la constipation, les ports de charges lourdes et les efforts répétés, sont autant de facteurs qui engendrent des augmentations brutales de pression dans la cavité abdominale et favorisent le développement d'un prolapsus. De plus, l'âge et l'arrivée de la ménopause entraînent une accélération du vieillissement de ces tissus.

Quel est impact de l’accouchement ?

Pendant longtemps, la responsabilité des grossesses a été considérée comme majeure, notamment les accouchements difficiles. En effet, la prévalence et le grade de tout prolapsus augmentent avec le nombre de grossesses. Au-delà de 4, chaque accouchement par voie basse ajoute un risque supplémentaire de 10 à 20 %.

Toutefois, l'analyse de la littérature montre que l'impact de l'accouchement est moins important qu'on ne le pensait. « Paradoxalement, ce n'est pas l'accouchement qui est le plus problématique mais la grossesse », souligne le Dr Vidart. D'ailleurs, le risque de cystocèle n'est que très modestement diminué chez les femmes qui ont accouché par césarienne.

L'âge de la première grossesse et le fait de porter des jumeaux n’accroissent pas sensiblement le risque non plus. Ce qui compte le plus, c'est la manière dont se déroule la grossesse. Si la maman prend 10 kg de trop pendant la gestation et si, en outre, elle peine à perdre ce surpoids après la naissance, son risque de prolapsus est majoré. Le facteur clef est donc bien la surcharge pondérale.

Réduire le risque de survenue d'une cystocèle consiste donc à agir sur les facteurs de prolapsus, à savoir éviter tout surpoids, avoir une prise de poids raisonnable pendant ses grossesses, ne pas fumer et soigner les pathologies susceptibles de fragiliser les tissus de soutien.